Ce lundi soir, pour la première fois, un ancien président de la République répondait à une interview… sur la plateforme de diffusion en direct Twitch. De Macron à Booba, en passant par 2022, Trump et Poutine, retour sur une interview hors des codes habituels de l'exercice.

François Hollande et Samuel Étienne, lundi soir sur Twitch
François Hollande et Samuel Étienne, lundi soir sur Twitch © Capture d'écran Twitch

C'était une interview présentielle inhabituelle, que les internautes ont découvert ce lundi soir sur Internet : pendant un peu plus de deux heures, l'ancien président socialiste François Hollande a répondu aux questions du journaliste Samuel Étienne. Mais celle-ci n'avait pas lieu sur Franceinfo ou sur France 3, les deux chaînes sur lesquelles ce dernier officie… mais sur Twitch.

La plateforme de vidéo en direct, conçue à l'origine pour les amateurs et amatrices de jeu vidéo, accueille depuis quelques mois les "streams" du journaliste et animateur, qui y fait une revue de presse quotidienne interactive (Twitch étant un site sur lequel les spectateurs et spectatrices peuvent commenter en direct les diffusions). Lundi soir, pour son premier direct avec un invité, c'était donc François Hollande qui était invité. "Ici, ce n'est pas la télévision, c'est la maison, c'est la vie", a introduit Samuel Étienne, en expliquant que son épouse et son fils étaient juste à côté. 

"FC Bienveillance"

Suivi par plusieurs milliers de personnes (jusqu'à 84 000 en même temps, plus forte audience de Twitch dans le monde au moment de sa diffusion), l'ex-président a souligné l'intérêt de ce "mode de communication nouveau dont [il] essaie de comprendre ce qu'il signifie". Il a aussi noté le besoin d'échanger, de communiquer avec une forme de proximité en saluant le "FC Bienveillance", expression imaginée par Samuel Étienne pour inciter les internautes à faire preuve de bienveillance dans les commentaires des diffusions (l'abréviation FC faisant référence au "foot club"). 

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"Vous pouvez m'appeler François"

Au cours de cet échange assez informel ("Vous pouvez m'appeler François", a dit l'ancien chef de l'État), François Hollande est revenu sur l'après-Élysée immédiat ("Passer d'un univers où on est pris de la première minute du lever à la dernière minute du coucher à un agenda où il n'y a rien"), ou encore sur le goût du pouvoir : "On a le sentiment quand on est au pouvoir d'être utile, et ça, on le perd quand on quitte le pouvoir. Mais vouloir le récupérer, c'est une tentation à laquelle il ne faut pas céder trop vite.

Il a ainsi écarté l'idée d'une nouvelle candidature en 2022

"Il ne faut jamais rien exclure, mais ce n'est pas le problème. La question c'est de dire qu'il y a d'autres façons d'être utile que d'être président de la République."

Ainsi, s'il exclut l'idée de se représenter, il estime aussi qu'il 'n'y aura pas de candidat unique à gauche à la présidentielle de 2022. "Soyons lucides : non, il n'y aura pas un candidat de la gauche en 2022. Sauf si les électeurs en décident ainsi. Il va y avoir, tout au long des mois prochains, des sondages. Les sondages d'aujourd'hui indiquent que la gauche est dispersée, qu'elle ne peut pas s'imposer au second tour. Un jour viendra où une femme ou un homme s'imposera et montrera qu'elle a la bonne ligne pour conduire la nation, et la capacité de rassembler ceux qui veulent un changement.

McFly & Carlito "clashés"

Répondant à une question posée dans le chat de la plateforme, François Hollande a déclaré que son plus grand regret était de ne pas s'être représenté en 2017. "J'ai pris la décision trop tôt", a-t-il expliqué. Il a également exprimé des regrets quant à la façon dont la loi El Khomri avait été préparée et présentée. 

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L'interview a balayé de nombreux sujets, dont la crise sanitaire, la fonction présidentielle… mais aussi l'appel lancé par Emmanuel Macron aux youtubeurs McFly & Carlito. Répondant à Samuel Étienne qui lui demandait ce qu'il avait pensé de la chanson réalisée par les vidéastes, François Hollande a lancé un cinglant : "Il vaut mieux faire un geste barrière. Y compris par rapport à la chanson !"

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A propos d'Emmanuel Macron, alors que le journaliste rappelait qu'il avait été ministre de l'Économie et des Finances de François Hollande, ce dernier a ironisé : "Vous faites bien de le rappeler, parce que lui-même peut-être ne s'en souvient pas."

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Donald Trump "anormal", Poutine "coriace"… et Booba

Sur l'expression "président normal", François Hollande a reconnu que le terme n'était pas le plus à-propos… mais en a profité pour tacler Donald Trump. "J'avais utilisé cette expression parce que je considérais qu'il y avait eu des excès dans le passé. On me demandait ce qu'était une présidence "anormale". Vous avez vu Donald Trump ! C'était totalement anormal. Mais aujourd'hui, plus que "normal", je dirais "humain". Il faut de l'humanité dans cette crise." Il a également parlé du président russe : 

"Le plus coriace, le plus dur, le plus direct, le plus violent, le plus brutal, c'est incontestablement Vladimir Poutine."

Enfin, comme il l'avait déjà dit, François Hollande a saisi l'occasion, attrapant une question au vif, pour rappeler qu'il aimait écouter les chansons du rappeur Booba. 

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