Ce mercredi matin sur France Inter, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a affirmé que la mairie de Paris ne faisait rien pour assurer le service minimum dans les écoles. "C'est faux, c'est un mensonge", "une manœuvre politicienne" répond le Premier adjoint Emmanuel Grégoire.

Jean-Michel Blanquer, invité de 7h50 sur France Inter le 10 décembre 2019, a accusé la mairie de Paris de ne rien faire pour favoriser le service minimum dans les écoles
Jean-Michel Blanquer, invité de 7h50 sur France Inter le 10 décembre 2019, a accusé la mairie de Paris de ne rien faire pour favoriser le service minimum dans les écoles © Radio France / France Inter

Invité de 7h50 ce mercredi matin pour évoquer la réforme des retraites et la nouvelle grève de ce 10 décembre, Jean-Michel Blanquer a vivement critiqué la mairie de Paris, reprochant à la ville de négliger délibérément le service minimum dans les écoles. “Paris, en particulier, dénote par un taux de grève plus important, autour de 35 % [de professeurs en grève] aujourd’hui. Il y a une mobilisation souvent plus forte, et par-dessus le marché, un service minimum pas organisé, ou très peu organisé à Paris par la mairie, donc il y a plus de troubles pour les Parisiens”, poursuit le ministre. 

Sempiternellement, j’observe que la mairie fait davantage le service minimum quand il y a des grèves sous les gouvernements qu’elle aime bien, par exemple sur les rythmes scolaires”, une réforme défendue par le précédent gouvernement Hollande. 

"Le ministre parle de 2013, mais Anne Hidalgo n'était pas maire de Paris"

Contacté par France Inter, le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire ne mâche pas ses mots pour répondre au ministre : "Ce qu'il dit est faux, à plusieurs égards. C'est un mensonge, factuellement, et il le sait. C'est une manœuvre politicienne.

Pour commencer, lorsque Jean-Michel Blanquer parle de la réforme des rythmes scolaires, "il fait référence à une époque en 2013 où Anne Hidalgo n'était pas maire de Paris. On peut faire plein de reproches à la maire, mais pas celui-là !" En effet, la mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires avait eu lieu à l'hiver 2013, tandis qu'Anne Hidalgo a pris les clés de la ville en 2014. Auparavant, elle fut la première adjointe de Bertrand Delanoë de 2001 à 2014.

Emmanuel Grégoire explique aussi qu'aujourd'hui, la situation est différente de 2013 : "À l'époque, c'était une grève du personnel enseignant, les transports fonctionnaient."

"Or, c'est l'une des difficultés opérationnelles pour mettre en place le service minimum d'accueil. Aujourd'hui, il y a des profs non-grévistes qui veulent venir et qui ne peuvent pas."

Enfin, le premier adjoint assure que la mairie parisienne "mobilise avec le service du rectorat des moyens considérables pour essayer de 'limiter' les nuisances pour les Parisiens, en terme d'ouverture d'écoles". Selon la mairie, ce 10 décembre, 66 écoles sont fermées à Paris et 586 ouvertes.

D'autres différends la semaine dernière entre le gouvernement et la mairie

Le gouvernement et la mairie de Paris n’en sont pas à leur première passe d’armes. Le 4 décembre, Anne Hidalgo dénonçait les propos "inélégants" de Jean-Michel Blanquer qui avait déploré dans la matinée le manque d'accueil dans les écoles de la capitale, lors de la grève à venir du 5 décembre. En conférence de presse, Emmanuel Grégoire avait alors fustigé : "La réalité des difficultés des Parisiens [le 5 décembre], c'est qu'il y a 78 % des enseignants à Paris qui sont grévistes et ils le sont contre une réforme du gouvernement. C'est lui (Jean-Michel Blanquer) qui a un problème, pas nous."

Autre prise de bec le lendemain, jour de la "grève générale" : le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a accusé Anne Hidalgo de bloquer le passage des “cars Macron” dans Paris. “Réglementairement, les cars Macron peuvent desservir la gare de Bercy. Nous avons proposé en plus de desservir Denfert, Châtelet et la gare du Nord, mais la maire de Paris le refuse jusqu’à présent", a assuré Jean-Baptiste Djebbari sur RTL. En réponse, Emmanuel Grégoire a affirmé que le gouvernement n’avait “jamais contacté la maire de Paris, ni ses services”.

Ce 10 décembre, le premier adjoint à la mairie de Paris estime que ces polémiques émanent "d'une partie du gouvernement qui a l'intention d'user de son pouvoir médiatique pour influer sur le sort des élections municipales", qui auront lieu les 15 et 22 mars prochains.

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