Des chercheurs du CNRS se sont penchés sur l'influence des communautés d'influence politique. En décortiquant 60 millions de tweets pendant onze mois de campagne électorale, ils ont pu retracer la manière dont circulent les informations et comment elles sont utilisées.

Twitter a beaucoup servi aux militants de chaque camp pendant la campagne présidentielle de 2017
Twitter a beaucoup servi aux militants de chaque camp pendant la campagne présidentielle de 2017 © Radio France / Olivier Bénis

Les réseaux sociaux sont devenus un outil majeur dans nos démocraties. Pour tenter de comprendre des événements marquants comme le Brexit ou l'élection de Donald Trump, les analystes se tournent vers Facebook ou Twitter. Et les partis politiques, de leur côté, les ont intégrés depuis longtemps dans leur politique de communication. Barack Obama par exemple, dès 2008, et plus près de nous les candidats à la présidentielle de 2017.

Ces réseaux sociaux permettent-ils de voir vivre un groupe politique, de mesurer ses évolutions au fil d'une campagne et d'analyser les informations qu'il délivre ou fait circuler ? C'est ce qu'ont cherché à savoir ces chercheurs du CNRS.

C'est la première fois qu'à partir de 60 millions de tweets politiques, il a été possible d'identifier les communautés (parti, sympathisants et réseaux d'influence) et leur comportement sur 11 mois de campagne. En passant à la moulinette la sémantique des tweets, les hashtags (mots-dièses), les retweets, les liens entre comptes, on peut voir comment les informations circulent et comment elles influencent les communautés.

Très faible proportion de "fake news"

David Chavalarias, chercheur au CNRS en sciences sociales computationnelles, a dirigé l'étude. "On a montré qu'on pouvait visualiser l'évolution des communautés politiques", explique-t-il. "Et qu'on pouvait voir, quasiment en temps réel, à la fois les événements très officiels, comme par exemple le ralliement de Bayrou à Macron, ou celui de Jadot à Hamon, _mais aussi des choses qui étaient annoncées mais moins faciles à mesurer, voire confidentielles_. Comme par exemple les dégâts causés par la bataille des investitures au sein des Républicains, qui ont provoqué l'éloignement d'une partie des soutiens de Fillon, qui étaient autour de Sarkozy, et qui sont restés éloignés de cette communauté pendant tout le Penelope-gate, pour finir par rejoindre Dupont-Aignan."

Les chercheurs ont aussi montré que pendant la campagne, la part des tweets avec fausses informations était minime, moins de 0,1 %. Mais deux communautés les ont surtout relayées : celle autour de François Fillon (pour plus de 50 %) et celle autour de Marine Le Pen (plus de 22 %).

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