Apple a dévoilé ce mardi une série de chiffres et de données sur la circulation des utilisateurs de son application de navigation partout dans le monde. On y découvre que le confinement a eu un effet très fort, et que la France fait partie des pays les mieux confinés.

A Wuhan, la circulation a repris mais reste faible
A Wuhan, la circulation a repris mais reste faible © AFP / Li He / XINHUA

Alors que plus de la moitié de la population mondiale est appelée à rester chez soi dans plusieurs pays du monde, l’entreprise Apple a mis en ligne mardi un portail montrant l’évolution des données de son application de navigation, Plans. Apple assure que ces données ne sont absolument pas un traçage de ses utilisateurs, qu’il ne s’agit que d’un recensement du nombre de requêtes.

Ces données montrent, pour chaque pays, mais aussi pour certaines villes (celles dans lesquelles Apple a activé les itinéraires pour les transports en commun), le volume de requêtes pour des itinéraires à pied, en voiture ou en transports en commun, avec en volume de référence (c’est-à-dire l’indice 100) la situation au 13 janvier 2020. 

Des résultats à prendre avec les réserves de rigueur : il ne s’agit pas de chiffres universels, mais d’indicateurs qui donnent une idée d’une tendance globale, reposant sur les utilisateurs d'une application installée par défaut sur environ un milliard d'appareils iOS actifs. Par ailleurs, comme il s’agit de requêtes pour des itinéraires, l’impact sur les trajets habituels (autour du domicile, ou vers le travail) est plus difficile à mesurer, puisqu’on n’active moins son navigateur GPS pour des trajets auxquels on est habitué.

Un confinement largement respecté… même là où il n’est pas obligatoire

Le premier élément qui apparaît c’est que, partout dans le monde, la circulation des femmes et des hommes et celle des véhicules a diminué. Sur les 395 données référencées (certains pays sont manquants, toutefois), on observe une baisse médiane autour de 65%. Et aucun pays répertorié ne montre aujourd’hui des chiffres de circulation supérieurs à ceux du 13 janvier. 

Et cela concerne même des pays où le confinement n’est pas obligatoire, ou pas globalisé, comme le Brésil, où Jair Bolsonaro continue à s’exprimer contre le confinement et a laissé aux gouverneurs le soin de prendre des mesures ou non. Dans ce pays, les déplacements en voiture sont en baisse de 53%, ceux à pied diminuent de 62% et les transports en commun ont perdu 76% de fréquentation. 

L'évolution au Brésil
L'évolution au Brésil / Capture d'écran

Les transports en commun délaissés en priorité

À l’échelle des pays, c’est l’utilisation des transports en commun qui est la plus en baisse - une baisse notamment liée à l’obligation de respecter la distanciation sociale, et donc d’éviter des contacts avec un public massif. 

C’est le cas y compris, en particulier, dans les pays où les autres moyens de transport ont moins baissé : en Allemagne par exemple, le nombre de requêtes pour la marche et la voiture ont baissé de 46%, mais celles pour les transports en commun a baissé de 61%. C’est encore plus flagrant au Canada, où les requêtes pour l’automobile ont baissé de 55% et celles à pied de 58%, les transports en commun ont, eux, baissé de 82%. 

L'évolution au Canada
L'évolution au Canada / Capture d'écran

France, Espagne et Italie, pays les mieux confinés

Les chiffres sont impressionnants pour certains pays, et notamment pour les pays très touchés que sont la France, Italie et l’Espagne. En France, la circulation en voiture a diminué de 78% par rapport au début de l’année, les itinéraires à pied de 86% et les transports en commun de 88%. 

L'évolution en France
L'évolution en France / Capture d'écran

En Italie, la baisse de l’utilisation de la voiture est encore plus forte : -85%, et -90% pour les transports en commun. Et en Espagne, les chiffres sont proches, là aussi : -82% pour les trajets en voiture, -90% pour ceux à pied et -90% aussi pour les déplacements en transports en commun. 

L'évolution en Italie
L'évolution en Italie / Capture d'écran
L'évolution en Espagne
L'évolution en Espagne / Capture d'écran

Moins d'un promeneur sur dix continue à sortir à Paris

En France, quatre villes sont recensées : Paris, Lyon, Lille et Toulouse. Et dans la capitale, la chute des déplacements est impressionnante : les déplacements à pied ne représentent aujourd’hui plus que 8% de ce qu’ils étaient il y a trois mois. Et l’utilisation des transports en commun a chuté de 91%. Quant à la voiture, elle génère 86% de requêtes en moins. 

L'évolution à Paris
L'évolution à Paris / Capture d'écran

Pour les trois autres villes, le confinement est également bien respecté, avec des diminutions d’au moins 75% pour tous les types de déplacements par rapport à début janvier… sauf pour les transports en commun, où la baisse est un peu plus faible, entre 70 et 75%.

L'évolution à Lille
L'évolution à Lille / Capture d'écran

L’Europe du Nord, plus mauvaise élève

Le Royaume-Uni, qui a pourtant été plus tardif à se confiner, est aujourd’hui l’un des très bons élèves du confinement : les déplacements en voiture, par exemple, ont chuté de 70% (et ceux des transports en commun de 85%). 

En revanche, d’autres pays d’Europe ont beaucoup moins opté pour le confinement : la Suède en est le meilleur exemple, avec une baisse du transport en voiture de seulement 5% (mais une baisse de l’automobile de 38%, et 41% pour les transports en commun). 

L'évolution en Suède
L'évolution en Suède / Capture d'écran

Dans les autres pays d’Europe du nord, la voiture reste très utilisée, avec des baisses de 25% “seulement” en Finlande, au Danemark et en Norvège. Et en Allemagne, où le confinement a été moins strict qu’en France, les requêtes pour la conduite et la marche n’ont baissé que de 46%, et de 61% pour les transports en commun. 

L'évolution en Allemagne
L'évolution en Allemagne / Capture d'écran
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