Comme chaque année, le collectif féministe publie un petit guide interactif pour survivre à des réflexions misogynes et sexistes pendant les repas de famille, et réorienter la conversation avec humour... Ou avec des faits et des informations pertinentes.

Le repas du réveillon, même limité à six autour de la table, peut devenir prétexte à des remarques (notamment) sexistes
Le repas du réveillon, même limité à six autour de la table, peut devenir prétexte à des remarques (notamment) sexistes © Maxppp / Sigrid Olsson/6PA

L'objectif n'est évidemment pas de "casser l'ambiance en soirée" (comme s'en inquiétait un magazine conservateur en mars dernier) : plutôt de se réapproprier des conversations qui sont parfois traditionnellement monopolisées par un seul type de pensée. Bref, ne pas aller vers du "on ne peut plus rien dire", mais vers du "on ne peut plus rien dire sans avoir une réponse en cas de désaccord".

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Dans ce "petit guide anti-sexiste", on trouve d'abord des astuces très générales pour montrer poliment (mais fermement) qu'on ne laissera pas passer sans rien dire certains clichés. La première, c'est la petite phrase "ce que tu dis me met mal à l'aise", maline à deux titres : d'abord, elle permet de ne pas attaquer directement la personne, mais ses propos ; ensuite, elle se focalise sur votre ressenti, que personne ne peut contester. "La personne qui a tenu des propos sexistes va entendre (parfois pour la  première fois) que ces propos dérangent, gênent, mettent mal à l'aise", explique le collectif. "C'est la première étape avant qu'il ou elle comprenne que ces propos ne sont plus possibles."

Le guide précise d'ailleurs qu'il n'y a pas non plus d'obligation de relancer le débat : vous pouvez parfaitement faire le choix d'ignorer les propos, ou de "détourner l'attention" en changeant de sujet. Mais aussi de "renvoyer au groupe" en demandant aux autres ce qu'ils en pensent (sans prendre "de ton agressif") le temps de trouver une répartie, des allié.e.s dans la pièce, ou de pousser ceux qui sont d'accord avec un stéréotype à surenchérir, et à "finir par dire un truc tellement énorme que vous trouverez la répartie adéquate".

"Je te propose que les fêtes soient l'occasion d'une pause pour toutes les femmes autour de la table"

Le guide propose aussi plus précisément des réponses à différents clichés, idées reçues ou stéréotypes. À chaque fois, plusieurs types de réponses en fonction de ce qui vous parle le plus, ou du contexte : factuelle, humoristique, cynique, ou en retournant la situation

Par exemple, à la réflexion classique "Tu n'as toujours pas de copain", NousToutes propose de répondre factuellement : "Une étude scientifique très sérieuse a montré que les femmes célibataires étaient aussi heureuses que les autres. Puisque tu as l'air de te faire du souci pour mon bonheur, sois totalement rassuré."

Ou bien, à la caricature "En France en 2020, les femmes n'ont plus trop à se plaindre. Regardez en Afghanistan !", de surenchérir avec enthousiasme : "Je ne savais pas que tu t'intéressais à la situation des femmes en  Afghanistan. C'est super ! Tu t'es engagé.e dans une association ? Je  peux aider ?"

Ou encore, si un jouet offert à une petite fille "est un jouet de garçon", selon votre interlocuteur, d'approuver : "Mince, j'avais pas lu la notice. En effet, c'est expliqué clairement que pour jouer à ce jeu, il faut utiliser ses organes sexuels. Je lui enlève tout de suite."

Autant d'idées qui devraient, si elles ne parviennent pas à convaincre votre interlocuteur, lui permettre au moins de savoir que s'il veut se hasarder sur ce terrain, il y aura du répondant en face... Et même des arguments.

► SUR LE WEB - Le "petit guide anti-sexiste pour passer les fêtes" de NousToutes