Qui sont les célibataires ? De quoi le célibat est-il le nom ? Comment est-il considéré ? Comment mieux le vivre ? Alors qu’ils sont environ 18 millions en France, et les célibataires ne sont pas toujours bien vus.

Etre célibataire et heureux
Etre célibataire et heureux © Getty / PhotoAlto/Sigrid Olsson

La journaliste Nadia Daam publie Comment ne pas devenir une fille à chat, un plaidoyer pour la vie solo. Elle était l’invitée avec la psychanalyste Fabienne Kraemer, auteure de Solo no solo, de l’émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi. Ensemble, ils ont fait le tour de la question de la vie en dehors du couple. 

La célibataire, forcément une vieille fille à chats ? 

En fait, le célibat recouvre une infinité de situations. Ils sont 18 millions de célibataires en France. Parmi eux, il y a des personnes vraiment seules, mais aussi celles qui ont des partenaires occasionnels, ou un partenaire durable, mais n’habite pas avec. Certaines ont des amitiés sexuelles…

Et contrairement à une idée reçue : les célibataires sont très entourés. Des études montrent que lorsqu’on est solo, on est plus souvent impliqués dans la vie sociale et citoyenne. Alors qu’en couple, on a tendance à se renfermer, à rester à la maison, à prendre du poids…

En tous les cas : c’est une situation mal perçue. Mais qui parfois attire de la compassion, ou une forme de bienveillance.

Le célibat, lieu de la pression sociale 

A partir d’un certain âge, le célibat est vu comme un handicap. La célibataire, c’est presque la fille avec une jambe de bois. C’est en tous les cas, perçu comme une anomalie, comme une défaite. 

De la même manière que dans certaines catégories professionnelles on est entre deux boulots, ou deux projets, quand on est une femme célibataire, on est sensée être entre deux histoires et devoir se justifier… Le célibat est comme un chômage sentimental. Il y a forcément un truc qui cloche. 

Dans la presse féminine, les articles titrent  souvent « célibat comment s’en sortir ? » comme s’il fallait se battre contre quelque chose, avec même ce terme de célibattante… Ca décrit bien l’idée qu’il faut changer ça. 

Le célibat : dernier rempart du sexisme

Il y a beaucoup plus de jeunes femmes qui souffrent car elles sont beaucoup plus stigmatisées que les hommes. D’un homme on dit quand il est dans sa période célibataire qu’il a une vie décousue, qu’il séduit, qu’il s’amuse, qu’il prend son temps pour se mettre en couple…

Alors qu’une femme on a tendance à la cataloguer comme une personne qui rate quelque chose, qui s’angoisse, qui n’est pas heureuse dans cette situation. 

Pour le sociologue, Jean-Claude Kaufmann : 

La femme qui vit seule et qui ne veut pas d’enfant peut le faire, mais elle doit en permanence s’expliquer.

Le célibat est vu souvent comme si c’était une faute, c’est comme s’il y avait une responsabilité et que la femme devait la porter. Et corriger quelque chose dans sa vie dans ses relations, aux hommes aux femmes, en tous les cas, elle est sommée de faire quelque chose : « tu devrais sortir », « tu devrais faire des efforts » entend-t-elle. 

Si vous tapez « mère célibataire » dans Google, on vous propose : « mère célibataire aide » « mère célibataire, refaire sa vie » « mère célibataire, solitude » ou des ateliers pour bien appliquer son fond de teint en vue de rencontrer l’âme sœur…

Donc soit c’est glauque, soit quelque chose de l’ordre de l’injonction superficielle pour améliorer son physique. 

Avant 20 ans, le célibat est accepté après 35 ans… C’est plus compliqué. 

A plus de 35 ans sans enfant on devient une cause humanitaire pour ses parents. Or le célibat est rarement un rêve, ni un projet de vie, mais cette situation doit être vécue doit pouvoir être vécue dans toutes sa normalité. On doit permettre aux femmes de vivre leur indépendance. 

Les applis de rencontre, une solution pour les célibataires ? 

Meetic, Tinder, Adoptunmec… Nadia Daam ne connaît personne qui s’est rencontré avec. Ce sont des légendes urbaines. Elles ne sont certainement pas une nouvelle façon de rencontrer l’âme sœur, c’est plutôt pour le « coup d’un soir », et là, c’est très bien.

Les applications ne sont pas vues de la même façon du côté des hommes et des femmes. Pour les hommes elles leur donnent une raison de ne pas se fixer, et de rester chasseur. Car le but des applications est faire de l’argent et pour cela elles ont intérêt à ce que les gens bougent et ne se fixent pas. 

D’ailleurs comment savoir si un homme est vraiment libre ? Quand il vous dit : « avec ma femme, c’est fini, on est cohabitation pour des raisons pratiques… ». Il faut lui demander : « et ta femme qu’en dit-elle ? » Souvent la femme n’a pas la même version, elle a en général l’impression d’avoir un mari à la maison... 

Pourquoi les célibataires sont-ils de plus en plus nombreux ? 

Même si pour certains, c’est dans la rencontre avec l’autre que l’on se découvre soi-même, le couple fait moins rêver. Certains comme, André Dussolier ont l’impression de s’oublier en couple : 

Surtout, et c’est plutôt sain, aujourd’hui on n’a peut-être plus envie de se sacrifier. On réclame plus facilement le droit à l’égoïsme. Or en couple, on a toujours un certain nombre de concessions à faire, mais on n’a pas forcément envie de négocier. On peut être heureux seul parce que libre.

Quelques conseils …

Le célibat est rarement un choix, mais on peut choisir de bien le vivre, de l’assumer…

  • Libérez : faites ce dont vous avez envie, soustrayez-vous le plus tôt possible à la pression sociale, au regard des autres même quand il a l’air très bienveillant. On peut faire beaucoup de choses seules : voyager, aller au restaurant, et même boire (avec modération)… 
  • Se recentrer : le célibat permet de se soustraire à l’injonction d’être la personne qui supporte le désir de l’homme. Et c’est ça qui est en train de se jouer. Ne plus être l’objet du désir permet de se recentrer sur des choses qui comptent vraiment pour soi.
  • Espérer : notre société est en train de changer rapidement, et ce qui pèse aujourd’hui sur les célibataires n’existera probablement plus dans 10 ou 15 ans.
  • Profiter : la vraie richesse des solos : ils sont face à eux-mêmes. Or on passe notre temps à éviter de se retrouver seuls face à soi-même. C’est enrichissant d’être seul pour apprendre à se connaitre et savoir où sont nos plaisirs.
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