Les cérémonies religieuses peuvent reprendre dès ce samedi, selon un décret publié samedi au Journal officiel. Mais les modalités de reprise et d’accueil des fidèles sont strictes, avant les fêtes importantes que sont la Pentecôte et l'Aïd-el-Fitr.

Samedi midi, le prêtre de l'église de Saint-Germain des Prés attend les premiers fidèles
Samedi midi, le prêtre de l'église de Saint-Germain des Prés attend les premiers fidèles © Radio France / Julie Pietri

Ce samedi, un décret a été publié au Journal officiel autorisant les cérémonies religieuses à reprendre immédiatement, et fixant les modalités de reprise – en complétant un décret du 11 mai sur les mesures de lutte contre le Covid-19. Vendredi soir, le ministre de l’Intérieur et les responsables des cultes se sont accordés sur les "mesures à prendre pour assurer la sécurité sanitaire de tous", après que le Conseil d’État a ordonné lundi au gouvernement de lever, sous huit jours, l’interdiction de réunion dans les lieux de culte.

Le gouvernement indique que "l’objectif d’une reprise généralisée des cérémonies religieuses reste le 3 juin", mais qu’il sera donc possible, dès ce samedi, "de célébrer à nouveau, progressivement, des offices". Plusieurs institutions religieuses ont indiqué que des cérémonies auraient lieu dès ce samedi soir

"On va demander aux gens très âgés de ne pas venir"

Mais cela ne se fera pas sans des règles strictes : à l’entrée de chaque lieu de culte, une personne devra s’assurer que la jauge maximale de fréquentation, fixée en fonction de la taille du lieu, ne soit pas dépassée. Objectif : permettre le respect des gestes barrières et de la distanciation physique. Il sera également obligatoire de porter un masque, et de se désinfecter les mains. "Toute personne de onze ans et plus qui accède ou demeure dans ces établissements" sera concernée par ces mesures sanitaires. En cas de non-respect des règles, le préfet pourra ordonner la fermeture du lieu de culte. 

Vendredi, avant les discussions avec le ministère de l’Intérieur et la publication du décret, le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait annoncé que les grandes prières collectives de l’Aïd-el-Fitr, fête qui marque la fin du mois de ramadan, ne pourraient avoir lieu dans les mosquées. "C’est difficile d’entrer brutalement comme ça dans la pratique cultuelle après un confinement aussi long que celui que nous avons traversé : il faut accompagner les fidèles pour changer de comportement", a déclaré ce samedi le grand imam de la mosquée de Bordeaux Tarek Oubrou samedi sur franceinfo. "La préfecture nous accompagne dans ce processus de déconfinement des lieux de culte", a-t-il ajouté, précisant que des mesures seront prises pour éviter que les fidèles soient trop nombreux : "On va demander aux gens qui sont très âgés de ne pas venir aux lieux de culte, on va essayer de négocier de façon pédagogique". 

Une multiplication des messes ?

Du côté de la communauté chrétienne, les célébrations du dimanche de Pentecôte pourront donc avoir lieu. "C’est une heureuse surprise, nous ne pouvons que nous réjouir de cette possibilité qui nous est faite et que nous mettrons en œuvre avec la plus grande des rigueurs" a affirmé l’évêque d’Amiens Olivier Leborgne, vice-président de la Conférence des évêques de France. Il assure toutefois que les messes ne reprendront dimanche que dans les lieux qui y sont préparés : 

_"Si jamais une paroisse n’est pas prête, elle attendra dimanche prochain pour célébrer la messe"._

A Paris, dès samedi midi, l'église de Saint-Germain-des-Prés n'avait sans doute jamais vu telle organisation : flèches de circulation au sol, gel hydroalcoolique à l'entrée, masque obligatoire et des panneaux interdisant de s'asseoir sur une partie des chaises. "Il ne faut pas être imprudent, nous avons suffisamment anticipé, nous avons une équipe de prêtres nombreuse et beaucoup de bénévoles qui nous ont aidés", explique le père Antoine de Folleville. "Normalement nous avons une église qui accueille 800 chaises : pour respecter la consigne des 4m2 par personne, il n'y a que trois personnes qui peuvent s'asseoir sur un rang de huit", explique-t-il, alors que samedi midi, une quinzaine de fidèles sont venus. "Demain, c'est la grande journée, mais on n'attend pas plus d'une minute, cela fait trois mois, j'ai foncé dès la première minute. Même s'il n'y avait pas eu de messe, je serais venu prier", se réjouit Marin, 27 ans, qui habite le quartier

"La très grande majorité des paroisses sont déjà prêtes à mettre en oeuvre les mesures qui sont indiquées par le gouvernement", promet Mgr Leborgne, qui n’exclut pas une multiplication du nombre de messes pour permettre à un plus grand nombre de personnes d’y participer. Dans un premier temps, l’épiscopat avait fait pression sur l’exécutif pour que la date d’abord annoncée du 2 juin soit avancée au 29 mai, avant la date de cette fête religieuse, qui tombe cette année le 31 mai. 

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