Des manifestants gravement blessés par les forces de l'ordre, dont la plupart lors du mouvement des "gilets jaunes", se sont constitué en collectif et appellent à nouveau à une grande manifestation nationale à Paris ce dimanche.

Franck Didron a perdu un œil à cause d'un tir de Flash-Ball, il manifestait le 2 février avec d'autres blessés
Franck Didron a perdu un œil à cause d'un tir de Flash-Ball, il manifestait le 2 février avec d'autres blessés © Radio France / Hans Lucas / Karine Pierre

Ils se sont baptisés les "Mutilés pour l'exemple". Ils ont été blessés lors de manifestation de "gilets jaunes" par des grenades ou des lanceurs de balle de défense et appellent à manifester ce dimanche. Contrairement à leur manifestation de février, ils ont préféré manifester un dimanche, loin des samedis après-midi qui peuvent dégénérer.  

Ces "mutilés pour l'exemple", comme ils s'appellent, ont justement été blessés un samedi de manifestation des "gilets jaunes". Ils ont perdu un œil, un testicule, une main, etc... Ils demandent l'interdiction des grenades et lanceurs de balles de défense. Début mars, l'Intérieur comptabilisait 13 095 tirs de LBD depuis le premier acte de ce mouvement inédit et 83 enquêtes pour des tirs potentiellement problématiques.

Dans un communiqué, le collectif de 38 membres écrit : "L'enfer de nos vies est tel que nous réclamons urgemment justice et la fin de l'utilisation des armes sublétales" Tous ont de lourdes séquelles physiques mais aussi psychologiques.

Pour Antoine, c'était à Bordeaux, il a ramassé une grenade qui lui a arraché la main. "Moi je demande une interdiction de ses armes et qu'on reconnaisse la responsabilité de l'État et de la chaîne de commandement. Beaucoup ont peur de manifester, cette violence est un moyen de dissuasion."

Si Antoine continue de manifester le samedi, beaucoup n'osent plus le faire comme Vanessa et Vitalia.

Jérôme Rodrigues sera lui aussi présent, blessé place de la Bastille, il reviendra manifester là où il a perdu un œil. Il a saisi avec son avocat un juge d'instruction sans attendre la décision du procureur de la République de Paris et espère que pour tous les enquêtes se traduiront par des poursuites des policiers et gendarmes. 

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