A l'heure du bilan, 2018 peut sembler indigeste. Violences à Paris, déclarations de Trump, montée des extrêmes, Cop24 sans grands résultats: les pessimistes ne manqueront pas de matière. Les raisons de se réjouir existent pourtant. Nous en avons débusqué cinq.

L'exosquelette de Clinatec, en cours d'étude, permet aux handicapés de se mouvoir par la pensée
L'exosquelette de Clinatec, en cours d'étude, permet aux handicapés de se mouvoir par la pensée © Clinatec

Au-delà de la joie éphémère liée à la victoire des Bleus à la coupe du monde de foot et des Bleues à l'Euro de handball, 2018 nous a offert quelques motifs de satisfaction pour l'avenir.

L'interdiction de néonicotinoïdes en France

Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus utilisés au monde. Depuis le 1er septembre 2018, cinq de ces pesticides sont interdits en France, afin de protéger les abeilles. Il s'agit de la clothianidine, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, la thiaclopride et l'acétamipride.  

En excluant de tout usage phytosanitaire ces cinq substances accusées de contribuer au déclin massif des colonies de pollinisateurs, la France va plus loin que l'UE. Ces insecticides servent surtout de manière préventive en France, en enrobant les semences, avant de se propager à toute la plante, y compris le pollen. C'était une décision attendue de longue date.

Retrouver la couche d'ozone

La couche d'ozone, qui préserve la vie sur Terre en limitant l'exposition aux rayons ultraviolets, se reconstitue peu à peu depuis l'an 2000, au rythme de un à trois pour cent par décennie, selon le rapport quadriennal du comité scientifique du Protocole de Montréal publié lundi.  Le Protocole de Montréal, conclu en 1987, a progressivement interdit l'usage des produits qui appauvrissent la couche d'ozone, comme les gaz réfrigérants.  La couche d'ozone s'étend entre 13 et 18 kilomètres d’altitude dans la stratosphère.  Le rapport précise que le trou dans la couche d'ozone au-dessus de la zone antarctique se réduit peu à peu chaque année. Les niveaux des années 1980 devraient y être retrouvés dans les années 2060. Pour être plus précis, la couche d'ozone sera rétablie dans l'hémisphère nord, et elle le sera d'ici 30 ans dans l'hémisphère sud.

L' Ideonella sakaiensis, la bactérie qui se nourrit de plastique

En 2017 une chercheuse avait découvert qu'une espèce de larve, utilisée notamment pour la pêche à la ligne, était capable de détruire naturellement du polyéthylène. Mais les performances de cette larve de la fausse teigne de cire, connue sous le nom scientifique de "Galleria mallonella", n'était rien à côté des performances découverts en 2018 par les chercheurs du Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l'Energie américain. Ce n'est pas à la pêche que ceux-là sont allés, mais à la décharge.  

En effet, en travaillant sur une bactérie découverte dans une décharge japonaise, l' Ideonella sakaiensis, ils se sont rendus compte qu'elle se nourrissait exclusivement d'un type de plastique : le polytéréphtalate d'éthylènele, également appelé PET, utilisé pour fabriquer des bouteilles ou des emballage. 

Et cette fois la bactérie est beaucoup plus gloutonne que la larve, et au vu des quantités de plastique qui se déversent dans les océans à chaque instant, c'est plutôt bienvenu. 

L'espoir serait de faire manger tout le plastique des décharges à cette bactérie. On n'y est pas encore tout à fait, il faudra sûrement en passer par d'autres phases de recherche, mais la biochimie permettra peut-être d'utiliser cette bactérie à grande échelle. 

Un gouvernement zéro carbone

L'Etat de Colombie-Britannique (Canada)  a été récompensé par l'ONU lors de la COP24 pour ses efforts en matière de réduction et même de disparition des gaz à effet de serre. En 2010, la Colombie-Britannique est devenue le premier gouvernement provincial, territorial ou d'État en Amérique du Nord à assumer l'entière responsabilité des émissions de gaz à effet de serre par ses 128 organismes publics. Ils doivent atteindre la "neutralité carbone", en réduisant au maximum leurs émissions de CO2. Ils doivent aussi compenser les émissions restantes et rendre compte au public de ces efforts chaque année. Les investissements de la Colombie Britannique dans des projets de compensation entre 2008 et 2014 se sont élevés à environ 50 millions d'euros. La ville la plus peuplée de Colombie-Britannique est Vancouver avec 2,5 millions d'habitants, c'est la deuxième plus grande métropole du Nord-Ouest Pacifique. L'engagement de ce territoire est exemplaire et significatif pour l'ensemble du Canada. 

Marcher, par la stimulation électrique ou un exosquelette

Aux Etats-Unis, un homme paralysé des jambes a pu remarcher avec une électrode dans la zone péridurale et un stimulateur électrique. En stimulant de manière électrique sa moelle épinière, les médecins de la clinique Mayo de Rochester dans le Minnesota, lui ont permis de bouger. Il était paralysé à la suite d'un accident de motoneige et sa moelle épinière avait été endommagée.  Les médecins ont placé l'électrode en dessous de la zone abîmée, installé un stimulateur électrique dans le ventre, et par télécommande ils ont actionné l'influx électrique. En 2018, ce patient a commencé à faire ses premiers pas. 

A Grenoble une autre patiente marche grâce à un exosquelette. C'est son cerveau qui enclenche la décision de marcher, et c'est un logiciel qui transmet les commandes à son exosquelette. C'est Clinatec qui développe ce projet. Appelé BCI (Brain Computer Interface), l'exosquelette fonctionne avec deux implants électroniques posés sur le patient.  Lorsqu'il veut bouger les implants envoient le signal (la volonté) à l’exosquelette, qui exécute le mouvement désiré. Il y a encore beaucoup à affiner dans le BCI pour marcher, pour l'instant il ne fonctionne que maintenu par un harnais. 

Dans ces ceux-cas il s'agit de permettre de retrouver des capacités perdues définitivement.... jusqu'à ce que la technologie y remédie. 

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