Pour lutter contre ce phénomène menant parfois à l'échec scolaire, des enseignants utilisent un système d'évaluation qui ne piège pas leurs élèves. Et selon eux, ça marche.

Les élèves de sixième du collège Marcel Pagnol de Saint-Ouen l'Aumône (95) bénéficient tous de l'ECPP.
Les élèves de sixième du collège Marcel Pagnol de Saint-Ouen l'Aumône (95) bénéficient tous de l'ECPP. © Maxppp / Hélène Chevallier

En France, plus de 50.000 professeurs du public ou du privé ont mis en place l'EPCC, l'évaluation par contrat de confiance, avec leurs élèves. Une méthode plus juste pour lutter contre l'échec scolaire favorisé par le phénomène dit de la "constante macabre", théorisé dès 1988 par le chercheur en didactique André Antibi.

Imaginons un professeur excellent avec des élèves excellents : dans un tel contexte toutes les notes devraient être bonnes... mais cela ne fait pas sérieux. Si toutes les notes étaient bonnes, le professeur serait suspecté de laxisme. La constante macabre c'est ce pourcentage constant d'élèves qui doivent être en situation d'échec pour que notre système d'évaluation soit crédible.

Ce jeudi, André Antibi et le mouvement contre la constante macabre organisent leur colloque annuel à l'Hôtel de Ville de Paris, "sous le haut patronnage" de la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem et en présence d'un de ses prédécesseur : le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon. Le ministère a d'ailleurs émis dès 2011 une circulaire invitant les enseignants à des méthodes s'inspirant de l'EPCC.

Un contrat de confiance

L'évaluation par contrat de confiance repose sur un programme de révision explicite. Au moment d'aborder un nouveau chapitre d'histoire par exemple, élèves et professeurs identifient ensemble les objectifs du cours. Une semaine avant le contrôle, les enseignants donnent le programme de l'examen aux élèves en choisissant une liste d'exercices déjà corrigés en classe. Un jeu de questions-réponses permet ensuite de déceler les possibles difficultés. L'EPCC permet ainsi de préparer plus rigoureusement l'évaluation.

Avec ce système d'évaluation, les élèves sont mis face à de nouveaux problèmes les incitant à réfléchir et participer d'avantage pendant la phase d'apprentissage. Ensuite, lors de la phase d'évaluation, ils n'ont qu'à restituer les connaissances apprises sans réfléchir à des variations de problème.

Un paradoxe apparent

Et Thomas Botin, professeur d'Histoire-Géographie au collège Marcel Pagnol de Saint-Ouen, en est convaincu :

Dès le début de la leçon, les objectifs sont bien identifiés.
Dès le début de la leçon, les objectifs sont bien identifiés. © Radio France / Hélène Chevallier

C'est un peu le paradoxe mais pour moi c'est excessivement logique : plus on sait sur quoi on va être interrogé, plus on va passer de temps à l'apprendre parce qu'on sait que derrière, on aura une bonne note.

Avec l'EPCC, les enseignants établissent un climat de confiance dans leur classe et, surtout, les élèves croient de nouveau en leur capacité de réussir. Ce que les expérimentations semblent confirmer, si l'on en croit André Antibi, c'est que la grande majorité des élèves aime ce système, la constante macabre est supprimée, le niveau de stress baisse, le travail est plus soutenu, et les moyennes des classes augmentent (et ceux qui ont de mauvais résultats comprennent pourquoi).

Enfin, cette méthode semble présenter des avantages également pour les parents qui disent comprendre plus facilement comment aider leurs enfants dans leurs révisions.

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