Le 88e salon de l'automobile de Genève va s'ouvrir alors que l'industrie automobile est en plein doute face à la chute du diesel, accélérée par les annonces des villes qui souhaitent interdire, à très brève ou plus longue échéance, l'accès aux voitures qui roulent au gasoil.

Les automobilistes qui possèdent une voiture diesel ne peuvent déjà plus l'utiliser partout en Europe
Les automobilistes qui possèdent une voiture diesel ne peuvent déjà plus l'utiliser partout en Europe © Maxppp / Nathalie Saint-Affre/La dépêche du Midi

À quoi va ressembler le salon de l'Automobile de Genève dans un monde qui s'éloigne du diesel ? L'Allemagne, qui va devoir peu à peu s'organiser pour faire disparaître les véhicules diesel les plus polluants de la circulation dans les grandes villes, marche sur des œufs, alors que cette mesure est déjà, partiellement ou de manière plus radicale, appliquée dans plusieurs grandes villes européennes.

La Cour administrative fédérale de Leipzig a jugé le 27 février que les grandes villes avaient le droit d'interdire la circulation des voitures diesel polluantes, un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules en Allemagne et qui a plongé des millions d'automobilistes dans l'incertitude.  

Les premières villes concernées sont Stuttgart et Düsseldorf. La Cour précise que les diesels ne pourront être que progressivement bannis de ces deux villes, en commençant par les plus anciens.  Une décision, au pays du diesel, qui embarrasse Berlin d'autant que d'autres villes sont bien décidées à suivre le même chemin : Hambourg, la deuxième ville du pays d'abord, puis probablement Munich.

Les villes qui veulent interdire le diesel
Les villes qui veulent interdire le diesel © Radio France / Valeria Emanuele

À Bruxelles, la décision a déjà été prise et adoptée. Depuis le 1er janvier, les voitures diesel les plus polluantes, les camionnettes et les bus les plus anciens ne peuvent plus circuler dans les 19 communes bruxelloises. La vérification se fait aux moyens de caméras qui contrôlent que la plaque correspond à celle des véhicules qui peuvent pénétrer dans la zone. D'ici 2025, chaque année, une série de véhicules supplémentaires sera interdite.

À Milan, l'interdiction d'accès pour les véhicules diesel au centre historique, est en vigueur depuis un an. Elle va être étendue à la ville entière par étapes, en commençant par les voitures les plus anciennes, jusqu'au "zero diesel" prévu pour 2030. 

À Rome, beaucoup plus modestement, Virginia Raggi, la maire Mouvement 5 étoiles, a annoncé que le centre historique de la ville sera interdit aux voitures diesel en 2024.   

À coté de Rome, l'ambition de Madrid est sans commune mesure. La capitale espagnole a décidé de s'attaquer à l'ensemble des véhicules les plus anciens, donc les plus polluants. La ville va interdire, à partir de 2025, non seulement la circulation des voitures diesel d'avant 2006, mais aussi des véhicules à essence construits avant l'année 2000.

À Athènes, on ne pourra plus circuler à bord d'un véhicules diesel en 2025. La décision a été annoncée par le maire de la capitale grecque à Mexico, en décembre 2016, lors du sommet des grandes villes sur la pollution. Les maires de Paris, Mexico, Athènes et Madrid se sont tous engagés à supprimer le diesel d'ici à 2025, mais Anne Hidalgo veut aller plus vite.

À Paris, donc, les voitures diesel doivent avoir totalement quitté les pavés en 2024. Mais d'ici là la ville va supprimer, par paliers, les véhicules les plus anciens : à partir de 2019, les diesel immatriculés avant 2005 et en 2022, ceux d'avant 2011. 

D'autres capitales ont décidé de parler au porte-monnaie des possesseurs de véhicules polluants

C'est le cas de Londres, qui a instauré une taxe de 12 euros qui doit être acquittée par les conducteurs des voitures mises en circulation avant 2006. Une nouvelle taxe qui s'ajoute à la "congestion charge", l'équivalent d'un péage urbain en vigueur depuis 2003. 

Oslo, en Norvège, mise aussi sur le péage urbain pour réduire la pollution automobile (5,20 euro par jour si vous conduisez une voiture diesel), mais pas seulement. En six ans, les ventes de véhicules diesel sont passées de 90 % à 21 % grâce aux aides d'état qui font qu'une voiture électrique coûte le même prix qu'un véhicule diesel ou essence. Du coup, les voitures neuves électriques et hybrides ont franchi la  barre des 50 % des ventes totales.

À Copenhague, au Danemark, deux habitants sur trois ne possèdent pas de voiture. Il y a plus de vélos que d'automobiles dans une ville où tout est fait pour vous donner envie de pédaler. Coté voitures : la vitesse est limitée à 40 km/h, les parkings ont disparu. Les nouveaux diesels en feront de même dès le 1er janvier 2019. 

À Amsterdam, aux Pays-Bas, l'autre grande ville du vélo, les rues du centre historique sont piétonnes, le stationnement hors de prix et dès 2008 la ville a décidé qu'elle réduirait de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2025... Les véhicules diesel sont interdits et Amsterdam vise maintenant le "zéro émission" d'ici 2025.

Selon des prévisions de Barclays, la part des véhicules diesel dans la production automobile globale en Europe pourrait passer de 52% en 2015 à 27% en 2025. 

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