Des nombreux signalements ont permis des arrestations et donc d'éviter des catastrophes.

Cet été aura connu un nombre record d'incendies de forêt
Cet été aura connu un nombre record d'incendies de forêt © AFP / Éric Estrade

Des incendies à répétition ont ravagé plus de 9.000 hectares de végétation dans le sud-est de la France et la Corse cet été. 200 feux de forêt rien qu'en zone gendarmerie à la mi-août, selon nos informations, voici le triste bilan de l'été. En parallèle on constate un nombre également sans précédents d'arrestations d'incendiaires et de pyromanes.

C’était le cas encore cette semaine près de Marseille. Un homme d'une quarantaine d'années soupçonné d'avoir provoqué 17 incendies entre les 10 et 20 août 2017 dans les communes d'Allauch, Plan-de-Cuques et Marseille a été mis en examen et écroué mercredi soir.

Le 11 août, c'était un homme de 19 ans soupçonné d'avoir provoqué 16 incendies entre les 25 mai et 24 juin 2017 dans les communes d'Istres et Fos-sur-Mer , toujours dans les Bouches-du-Rhône, qui était mis en examen.

Des interpellations obtenues parfois grâce au travail de la police scientifique mais aussi, en grande majorité, après des enquêtes criminelles résolues à partir de signalements de voisins et de touristes. Des appels qui ont permis d'éviter bien d'autres catastrophes que celles déjà subies principalement dans le sud-est et en Corse.

Philippe Daziano est le chef d'escadron de la gendarmerie de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Il n'en revient toujours pas du nombre de signalements reçus cet été : "On a eu beaucoup, beaucoup de remontées d’information. Les gens spontanément contactaient le 17 pour dire ’j’étais au niveau de l’incendies et j’ai vu telle chose’".

Sans les témoignages on n'aurait jamais pu identifier les incendiaires

Début août, ce sont deux adolescentes qui ont été interpellées près d’Uzès : "C’est grâce au témoignage d’automobilistes qu’on a pu identifier ces jeunes filles, explique Philippe Daziano. Sans ces témoignages il aurait été difficile d’aboutir sur cette enquête".

Un autre signalements, qui a décrit les vêtements portés par un homme vu sur les lieux, a permis de confondre un adolescent de 15 ans dont l'enquête a montré qu'il était à l'origine de trois quarts des départs de feu depuis le début du mois.

Plus il allumait des incendies, plus il avait envie d'en allumer

De jeunes incendiaires qui allaient très probablement récidiver explique Philippe Daziano : "ça a été clairement défini. Un des mineurs de 15 ans nous a expliqué qu’il était entré dans une sorte de spirale. Il disait que plus il allumait d’incendies, plus il avait envie d’en allumer. Il était rentré dans une sorte de dépendance. Si on ne les avait pas arrêtés, il y aurait eu encore beaucoup de départs de feu, puisque la période était propice : beaucoup de vent, une grosse sécheresse et un territoire propice aux incendies ".

La grande majorité de la vingtaine d’incendies allumés dans l’est du département du Gard était d'origine criminelle. Le chef d'escadron Philippe Daziano n’en revient toujours pas : "la plus part des incendies a été attribuée à un mineur de 15 ans qui n’a pas pu expliquer la raison de ses actes. Il a agi avec un deuxième mineur et deux majeurs, dont un a été un chef de file dans l’allumage des premiers incendies".

Des feus allumés par mimétisme, pour s'amuser et voir les pompiers intervenir

Philippe Daziano a détaillé ses enquêtes au micro d'Emmanuel Leclère

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.