Un collectif de collaboratrices parlementaires veut libérer la parole en espérant modifier les pratiques et permettre l’adoption de mesures concrètes.

Le sexisme, l’une de plaie dont souffrent les collaboratrices parlementaires.
Le sexisme, l’une de plaie dont souffrent les collaboratrices parlementaires. © AFP / Olivier LABAN-MATTEI

Harcèlement ou tout simplement sexisme. Le monde politique n’est pas épargné, l’affaire Baupin a permis de le vérifier, une nouvelle fois, et ceci qu'on soit une femme politique ou encore plus facilement lorsque l'on est une collaboratrice parlementaire.

Un statut encore à négocier

Hommes et femmes (près de deux assistants sur trois sont des assistantes), les collaborateurs parlementaires sont plus de 2 000 et tentent depuis plusieurs mois de négocier un statut, car ils sont employés sous contrat de droit privé par leurs députés respectifs. Une négociation partie sur les chapeaux de roues en mars et ensablée dès juillet car, explique Elsa Foucraut, secrétaire générale du SNCP-FO, "les situations sont complexes et nécessitent absolument la mise en place de clauses de revoyure pour des sujets qu’on s’engage à traiter à l’avenir", ce qui leur est pour l’instant refusé. La prochaine réunion de négociation aura lieu le 20 octobre.

Sans statut et sans la possibilité de demander l’aide d’un CHSCT, par exemple, mais pas sans voix, une partie de ces assistantes s’est constituée en collectif pour dénoncer le sexisme ordinaire "qui est le quotidien des femmes en politique, qu'elles soient élues ou collaboratrices", écrivent Mathilde Julié-Viot, Charlotte Lestienne, Julie Rosenkranz et Charlotte Soulary, ses portes-parole, dans une tribune parue dans Le Monde daté de mardi.

« Après l’affaire Baupin on avait le sentiment que ça pouvait changer, une grande vague d’espoir qui est vite retombée »

Charlotte Lestienne, l'une des initiatrices du projet,explique que dès le lendemain on a minimisé le rôle de celles qui avaient eu le courage de parler et l'affaire est devenue source de blagues.

Un collectif et un site pour témoigner et informer

Chaircollaboratrice.com permettra de raconter les petites humiliations quotidiennes, "les regards lourds, les sous-entendus graveleux et les réflexions humiliantes qui ne font rire que leurs auteurs" :

En réunion avec un député : – Tu sais, c’est marrant, je n’ai jamais couché avec une arabe ! – C’est marrant, moi je n’ai jamais giflé un député !

Un site conçu aussi pour solliciter les témoignage et pour réveiller le monde politique au delà de l'indignation réservée aux affaire retentissante. Pour que "la bonne volonté parfois exprimée par les élus et ministres et se traduira par l’adoption de mesures concrètes, dans la loi et dans les pratiques".

« Je me rappelle d’une journée où j’avais une robe noire toute simple, ça a été un calvaire…. »

Marie a travaillé deux ans comme collaboratrice pour des députés de droite. Elle avait 21 ans quand elle est arrivée à l'Assemblée et le sexisme est devenu son quotidien.

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