Le PS votera contre la mesure, mais ne s'attend à aucune surprise quant au résultat du vote
Le PS votera contre la mesure, mais ne s'attend à aucune surprise quant au résultat du vote © MaxPPP

La ville de Chalon-sur-Saône doit voter ce mardi soir lors de son conseil municipal la suppression des menus de substitution dans ses cantines scolaires. Une mesure décriée mais assumée par le maire les Républicains, Gilles Platret qui parle de "victoire de la laïcité".

Du porc à la cantine et pas d'alternative. Ce mardi soir, la ville de Chalon-sur-Saône met aux voix lors de son conseil municipal la fin des menus de substitution dans ses cantines, qui existaient depuis 1984. La mesure, largement décriée, est assumée par le maire de la ville, Gilles Platret, qui évoque une "victoire de la laïcité". Le PS votera contre, mais ne s’attend à aucune surprise quant au résultat du vote.

La restauration scolaire est un service public facultatif

Des décisions similaires avaient été prises à Arveyres, en Gironde, en 2013 puis à Sargé-lès-Le-Mans, dans la Sarthe, l'an dernier. Et plus récemment, à Chilly-Mazeret, dans l'Essonne. L'annonce faite à Chalon en mars par Gilles Platret, soutenue par l'ancien président Nicolas Sarkozy, avait cependant pris un tour singulier dans un climat électrique après les attentats de janvier, menés au nom du jihad. Comme le rappelle l'Observatoire de la laïcité dépendant de Matignon, la restauration scolaire constitue un "service public facultatif", et "aucune obligation ne contraint la commune en matière de menus".

Un premier recours déposé mi-août

Après l’annonce du maire au mois de mars, la Ligue de défense judiciaire des musulmans avait déposé mi-août un recours en référé devant le tribunal administratif de Dijon, considérant que cette décision mettait à l'écart les enfants qui ne mangent pas de porc. Faute d’urgence, le recours avait été rejeté, le tribunal notant toutefois que si le service de restauration était facultatif, les collectivités devaient cependant veiller à ne pas priver certaines catégories de familles de la possibilité d’y accéder pour des considérations liées à leurs convictions religieuses. L’association avait alors annoncée qu’elle contesterait la décision du conseil municipal.

Un menu végétarien comme alternative ?

De son côté, Yves Jégo, député UDI, avait annoncé à la fin de l’été le dépôt d'une proposition de loi destinée à rendre obligatoire un menu végétarien "en alternative du menu quotidien". Le parlementaire a reçu un large soutien politique, de son parti jusqu'aux écologistes. Et il peut s'appuyer sur une pétition qui a réuni en moins de deux semaines près de 100.000 signataires désireux de "permettre à ceux qui ne veulent pas de viande ou de poisson, quelle qu'en soit la raison" - pas forcément religieuse - "de se nourrir de façon équilibrée".La pétition compte à ce jour quelque 133.000 signataires.

Pétition contre pétition

Le maire de Chalon avait répliqué dans la foulée en proposant sur la même plate-forme sa pétition à lui, présentée comme un "appel contre les menus de substitution obligatoires". Avec un succès beaucoup moins franc : le 30 août, la pétition n’avait recueilli que 3.300 signatures.

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