Netflix revient sur l’affaire qui a précipité en 2011 la chute d’un des hommes les plus puissants de la planète, patron du FMI et ex-futur candidat à la présidentielle de 2012. Un documentaire en quatre épisodes signés Jalil Lespert.

Extrait de la bande annonce du documentaire "Chambre 2806 : l'affaire DSK" de Jalil Lespert
Extrait de la bande annonce du documentaire "Chambre 2806 : l'affaire DSK" de Jalil Lespert © Netflix / Capture d'écran YouTube

Deux ans et demi de travail ont été nécessaires pour reconstituer pas à pas cette affaire sulfureuse qui, le 14 mai 2011, de l’autre côté de l’Atlantique, fit basculer la vie politique française. Dominique Strauss-Kahn, président du FMI (Fond Monétaire International) et favori des sondages pour la prochaine élection présidentielle française, venait d’être arrêté à New York pour agression sexuelle sur l’une des femmes de chambres de l’hôtel Sofitel de Manhattan.  

Pas de révélations fracassantes dans "Chambre 2806 : l’affaire DSK" mais une succession impressionnante de témoignages de journalistes américains et français, d’avocats des deux parties, du personnel du Sofitel ou encore d’amis et soutiens de DSK. Et pour la première fois, deux anciens enquêteurs en charge de l’affaire ont accepté de s’exprimer.  

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L'évolution du regard sur les agressions sexuelles

Surtout, il y a Nafissatou Diallo. Jusqu’au dernier moment l’ancienne femme de chambre a hésité à apparaître dans le documentaire. Neuf ans après les faits, sa parole est lourde de détails et d’émotions : "Il était comme un singe, comme un animal" raconte-t-elle dès le premier épisode, avant d’ajouter en pleurs : "Il m’a tirée jusqu’au fond de la chambre près de la salle de bain. Il a essayé de baisser ma culotte mais je la tenais très fort".  

La vraie surprise et le réel intérêt de "Chambre 2806 : l’affaire DSK" sont cependant ailleurs : dans ce recul qui donne aujourd’hui à voir comment notre regard sur les agressions sexuelles a changé. Au début de l’épisode 3 notamment, Tristane Banon, qui avait accusé DSK de tentative de viol, revient sur son passage dans une émission de Thierry Ardisson en 2007. L’écrivaine y raconte alors le rendez-vous pour une interview qui dérape, un DSK prédateur qui "dégrafe (son) soutien-gorge, tente d’arracher (son) jean", détails qui ne récoltent de l’animateur télé qu’un "j’adore" profondément gênant. Le mouvement #Metoo n’était pas encore passé par là mais la série de Jallil Lespert nous montre à quel point l’affaire DSK en contenait peut-être déjà toutes les prémices.