Alors que les dons des particuliers approchent ce mercredi soir les 35 millions d'euros sur les sites dévolus à la souscription nationale, nous vous avons demandé pourquoi vous avez choisi de donner ou de ne pas donner.

© Radio France

"Je donnerai ce que je peux, quitte à faire des sacrifices durant quelques semaines, pour que Notre-Dame, elle, perdure des siècles durant"

Constance, de Lyon, prévoit de donner 100 euros

"Je ne suis pas catholique, même pas religieuse. J'ai eu la chance de visiter Notre-Dame à l'âge de 10 ans. J'ai été alors submergée par une émotion indescriptible, immense et réconfortante. J'ai retrouvé cette sensation à chaque fois que je me suis retrouvée face à elle, ou que mes pieds ont eu la chance de fouler son sol, sous les voûtes qui vous embrassent comme des bras maternels. Notre-Dame de Paris est un repère, un symbole, un souvenir, une émotion, une image, une sensation pour tous les Français et même au-delà. Elle est un morceau de l'histoire de France, mais aussi un morceau de l'histoire de chacun des Français. Ma mère, décédée il y a quelques mois, avait ce même amour pour ce bâtiment. En voyant les flammes envahir la cathédrale, j'avais l'impression qu'on m'arrachait une nouvelle fois une partie de mon cœur. N'ayant pourtant qu'extrêmement peu de revenus, je donnerai ce que je peux, quitte à faire des sacrifices durant quelques semaines, pour que Notre-Dame, elle, perdure des siècles durant."

"Elle doit être réparée, sinon c'est notre civilisation que nous ne réparons pas"

Julien, de Paris, prévoit de donner 10 euros

"Je sais que c'est peu, compte tenu des millions promis par Bernard Arnault et François-Henri Pinault. C'est tout de même une partie de notre patrimoine, de notre culture et de notre civilisation humaine qui est partie en fumée ce lundi. Je ne donne pas pour la culture française, mais pour notre civilisation. Il reste de la civilisation romaine (entre autres) les ruines du Colisée, je ne veux pas qu'une de nos richesses, aussi emblématique que Notre-Dame, reste en ruine. Cette cathédrale nous est contemporaine, elle doit être réparée, sinon c'est notre civilisation que nous ne réparons pas.  Même si ce don est peu, je veux y participer et apporter ma pierre à la cathédrale."

"Elle a traversé les âges et les pires catastrophes de notre civilisation, c’est un symbole de notre Histoire"

Lauriane, d'Hanovre, a donné 10 euros

"Notre-Dame, c’est notre histoire, notre patrimoine. Je ne suis pas croyante mais au-delà du symbole catholique, elle a traversé les âges et les pires catastrophes de notre civilisation, c’est un symbole de notre histoire ! Elle représente la France (et masque peut-être un peu les autres cathédrales si jolies de notre beau pays). Il faut se mobiliser pour lui permettre de traverser encore les siècles à venir comme témoin de l’histoire. Si chacun donne 1€, 5€, 10€, la somme atteinte par la communauté peut devenir colossale pour relever Notre-Dame de ses cendres."

"J'ai vécu à Paris pendant des années et Notre-Dame faisait partie de mon quotidien"

Naomi, de Tel-Aviv, prévoit de donner 50 euros

"Je sais que cette somme est insignifiante, mais je suis étudiante et je ne peux pas donner plus. J'ai vécu a Paris pendant des années et Notre-Dame faisait partie de mon quotidien. C'est l'endroit où j'ai donné rendez-vous aux gens qui sont aujourd'hui mes meilleurs amis, mon premier souvenir de visite d'enfance, mon adolescence, les bouquinistes... C'est tout, en fait. C'est trop de souvenirs, trop de présence. C'est dans la musique, dans les livres, dans l'art. C'est l'Histoire de France et l'histoire personnelle de beaucoup, beaucoup de gens partout dans le monde. Je ne pensais pas un jour pleurer pour quelque chose de la sorte, mais cet incendie a été un vrai crève-cœur."

© Radio France

"Il s'agit de l'Histoire de France, de nos racines, du travail de nos ancêtres"

Stéphanie, de Moulins, prévoit de donner 500 euros

"Cela va coûter des milliards, il faut que chacun donne sa part, à son niveau. Il s'agit de l'Histoire de France, de nos racines, du travail de nos ancêtres. Sans eux, nous ne serions pas ce que nous sommes."

"Mes filles ont quatre ans, je m'en voudrais d'être restée passive quand elles en reparleront"

Marie, de Lille, prévoit de donner 10 euros

"J'ai donné parce que Notre-Dame fait partie de notre histoire et culture. Je ne donne absolument pas pour des raisons religieuses, mais pour le bâtiment. Mes filles ont maintenant quatre ans et m'ont posé beaucoup de questions. Je me doute qu'elles apprendront cet événement à l'école dans quelques années, et je m'en voudrais d'être restée passive quand elles en reparleront."

"Ce qui paraissait intemporel aurait pu disparaître en quelques heures"

Pierre, de Nantes, prévoit de donner 100 euros

"Je suis athée, non baptisé, Français élevé à l'école de la République. Un des symboles de la France, et de la culture chrétienne de notre pays et de l'Europe ne doit pas s'éteindre. Et bien au contraire rayonner encore plus. Ce qui paraissait intemporel aurait pu disparaître en quelques heures. Cet événement montre à quel point l'Histoire est fragile. Pour la mémoire des Hommes des siècles passés et ceux à venir, nous nous devons d'aider à la reconstruire."

"Notre-Dame rappelle le talent des compagnons qui l'ont construite pendant plus d'un siècle"

Victor, de Montpellier, prévoit de donner 10 euros

"Au-delà du symbole, Notre-Dame est unique et est une relique d'un temps passé. Elle rappelle le talent des compagnons qui l'ont construite pendant plus d'un siècle. Ce magnifique bâtiment a traversé les âges et les guerres et ne doit pas disparaître pour un malheureux incendie."

"C'est aussi une manière de montrer que l'esprit français n'est pas mort, que notre héritage perdure et perdura encore"

Arnaud, de Nancy, prévoit de donner 30 euros

"Notre-Dame est un monument historique, un emblème de Paris et de la France. C'est aussi notre enfance, à travers le bossu de Notre-Dame. Un héritage des bâtisseurs grandioses qui nous rappelle que l'homme est capable de choses magnifiques, au-delà de la réflexion utilitariste devenue le mot d'ordre contemporain lorsqu'il s'agit d'urbanisation. Ici il était question de contemplation, de beau, de représenter le Divin, ce sentiment indémontrable mais que pourtant tout le monde ressent face à la beauté d'une chose. Au-delà de ces considérations esthétiques, c'est aussi une manière de montrer que l'esprit français n'est pas mort, que notre héritage perdure et perdura encore. Les choses du passé sont une partie de notre identité, elles nous ont façonné et font ce que nous sommes aujourd'hui. En tant que Français, préserver cet héritage est essentiel."

"C'est ma manière d'être français"

Jacques, du Doubs, a fait un don de 100 euros

© Radio France

"Le patrimoine, c'est le lien entre les générations passées et notre génération, il doit se transmettre aux générations futures"

Alizée, d'Amiens, prévoit de donner 150 euros

"J'ai toujours eu une relation particulière avec les Cathédrales, ayant grandi et vivant à Amiens. De plus, je suis une amoureuse de Paris, et de littérature, Notre-Dame de Paris est un symbole du patrimoine français. Je m'y réfugiais à chaque fois que j'allais à Paris, pour prier et faire un voyage dans le temps. Voir toute cette histoire brûler sous nos yeux est déchirant. Le patrimoine, c'est le lien entre les générations passées et notre génération, il doit se transmettre aux générations futures, cela fait partie de notre identité."

"Les générations futures doivent pouvoir s'élever devant tant de beauté"

Florence, d’Île de France, prévoit de donner 100 euros

"Le patrimoine historique est la mémoire de notre pays, de notre nation. Pour ne pas oublier nos racines, tout le travail accompli par nos ancêtres. D’un point de vue artistique et architectural, c’est une œuvre remarquable, unique. Les générations futures doivent pouvoir s'élever devant tant de beauté, même si ce n’est pas l’original, comme pour les grottes Chauvet ou Lascaux."

"Je l'aime, c'est tout"

Nelly, de Paris, a donné 200 euros

"Je ne me pose pas vraiment la question, c'est purement émotionnel. Il y a comme un besoin, une urgence d'aider à la reconstruire. Elle est sublime, c'est un symbole pour moi depuis que je suis enfant. À chacun de mes passages à Paris, elle était celle que j'allais voir et aujourd'hui que j'y vis, je prenais régulièrement plaisir à aller l'admirer. Je ne crois pas en Dieu, elle ne représente pas pour moi une simple bâtisse religieuse. Non, elle transcende tout. Je l'aime, c'est tout."

"C'est ma façon de rebâtir une Église nouvelle tant attendue par de nombreux catholiques"

Christie, du Val de Marne, a donné 50 euros

Notre-Dame fait partie de mon histoire, de notre histoire. En tant que chrétienne, je ressens un devoir spirituel face à l'événement. C'est aussi ma façon de rebâtir une Église nouvelle tant attendue par de nombreux catholiques."

"C'est une partie de notre humanité qui a besoin d'aide"

Marianne, de Chartres, prévoit de donner 100 euros

"Je donne à des associations caritatives (MSF, UNICEF) qui interviennent sur des drames humains. Ici, c'est une partie de notre humanité qui a besoin d'aide."

"Chaque euro est un lien entre nous tous"

Marie-Christine, de New-York, prévoit de donner 200 euros

"Notre-Dame représente pour tous les Français le cœur de notre civilisation, et les sentiments affectifs qui nous lient à elle nous rendent responsables, individuellement, de son bien-être. Il n'y a pas de somme insignifiante pour sa reconstruction, chaque euro est un lien entre nous tous."

© Radio France

"Nous n’avons pas su la préserver comme il se doit, nous devons tout faire pour la transmettre aux générations futures"

Carole, de Paris, prévoit de donner 50 euros

"Je compte faire un don (modeste, en fonction de mes revenus). C’est important pour moi d’apporter ma petite contribution pour que Notre-Dame soit restaurée. Je suis attaché au patrimoine. J’ai eu le cœur brisé de la voir en flammes. Elle est une merveille d’architecture gothique, les pierres ont en mémoire le travail des hommes qui ont consacré leurs vies à la bâtir. Nous n’avons pas su la préserver comme il se doit. Nous devons tout faire pour la transmettre aux générations futures et à toute l’humanité. Nos vrais trésors sont le patrimoine, et c’est le bien de tous."

"Des édifices comme Notre-Dame sont là pour nous rappeler que notre Histoire est racontée aussi par nos bâtisseurs, architectes, ingénieurs"

Paul, d’Épinal, a donné 10 euros

"En-dehors de toute considération religieuse relative à la fonction du bâtiment, cela n'en reste pas moins un ouvrage magnifique qui avait réussi à traverser huit siècles de l'histoire de France. Laisser partir en fumée un tel patrimoine, ce serait renoncer à se souvenir d'où nous venons, qui nous sommes. Des édifices comme Notre-Dame ou la Tour Eiffel sont là pour nous rappeler que notre histoire n'est pas racontée que par nos écrivains, mais aussi par nos bâtisseurs, architectes, ingénieurs."

Ils nous ont expliqué pourquoi ils ne souhaitaient pas donner

"Je suis probablement très cynique, mais j'ai l'impression qu'on fait grand cas de Notre-Dame de Paris, et bien trop peu des Misérables. Dans tous les cas, la cathédrale sera rebâtie, avec nos impôts et l'argent des riches, qui débloquent des dizaines de millions d'euros en un claquement de doigts, quand ils paient leurs salariés une misère et installent des dispositifs pour empêcher les sans-abris de dormir au pied de leurs immeubles." - Mélanie, d'Alsace

"Dans une France qui chasse les humains en souffrance hors de ses frontières, on donne de l'argent pour aider l'Église. Monsieur le Pape pourra peut être ouvrir son porte monnaie !?" - Mélanie, de Nantes

"Les travaux sont assurés, c'est aux assurances de payer" - Pascal, d'Angers

"Pas de don, car d'une façon (défiscalisation des dons) ou d'une autre (subvention de l'État), je le paierai à travers l'impôt." - Victor, de Toulouse

"Parce que je paye mes impôts, et que si Pinault et consorts versaient leur part, la France serait plus a l'aise et pourrait mieux entretenir son patrimoine."- Sandrine, de région parisienne

"Je ne donnerai pas, car je vais le payer dans mes impôts, et les Français donnent suffisamment. C'est triste cette histoire qui s'écroule, mais les Français ne sont pas responsables. Il y a des assurances, alors merci de voir l'administratif avec le gouvernement. Nous nous occupons de pleurer." - Atchoum, de Bordeaux

"Dans la mesure où la cathédrale Notre-Dame de Paris reste un lieu de culte, je ne pense pas que l'État doive donner pour la réparation du bâtiment, et, à moindre échelle, je ne donnerai pas pour cette raison. Je donnerai le jour où la monumentalisation du lieu sera complète." - Mélanie, de Paris

"Je ne compte pas faire de don, car j'estime que le Vatican est assez riche pour pouvoir mettre de l'argent dans les réparations de Notre-Dame. Je suis triste pour cet édifice magnifique et chargé d'histoire, mais cela reste matériel. Si je devais faire un don, ce serait dans l'humain et non pour de la pierre, peu importe sa valeur. La valeur humaine est bien plus importante à mes yeux." - Marion, de Picardie

"Je suis quelque peu sidéré par l'ampleur des réactions suite à cet incendie. L'ampleur de la couverture médiatique et des réactions mondiales me semble presque comparable à celle ayant suivi les attentats de novembre 2015. Il s'agirait de remettre les choses dans leur contexte : il ne s'agit que de "vieilles pierres", si majestueuses soient-elles. Aucun mort, ni aucun blessé. Rien d'irrécupérable donc. Il y a quelque chose d'indécent, compte tenu de la situation sociale en France et des mouvements récents, à voir les familles Pinault et Arnault dégainer des centaines de millions d'euros de dons pour reconstruire la cathédrale. Cet argent ne pourrait-il pas être mieux utilisé ? De mon côté, je préfère donner mon argent à des causes nettement plus urgentes et humaines. Il existe, au dehors, une réelle urgence sociale, des familles dans le besoin, des personnes sans domicile, des migrants qui meurent quotidiennement en tentant de traverser la mer Méditerranée. Ne devraient-ils pas profiter en priorité de la "générosité" des plus riches ? La vie de ces personnes n'est-elle pas plus précieuse que la plus belle des vieilles pierres ?" - Damien, de Bordeaux

"C'est un événement malheureux et désolant, mais cela reste un bâtiment au sein d'une ville. Je me mobiliserais si la même collecte était lancée pour reconstruire une ville détruite par la guerre, ou pour sauver des vies. Pour moi, il faut prioriser, et dans le monde ce n'est, à mon sens, pas la priorité. Cette rénovation ne va pas sauver ou améliorer des vies." - Julie, de Poitiers

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.