Lors de la manifestation hier soir à Paris.
Lors de la manifestation hier soir à Paris. © Wostock Press/MaxPPP

C'est une attaque sans précédent : celle d'un commando armé qui a pris pour cible le journal satirique Charlie Hebdo. Les caricaturistes Charb, directeur de la publication, Cabu, directeur artistique, Wolinski, Tignous, unis dans leur rejet de toutes les religions, figurent au nombre des victimes de l'attentat, qui a fait 12 morts.

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Le film des événements

A 11 heures 20, un commando de trois hommes, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a surgi dans les locaux du journal, dans le XIe arrondissement de Paris. C'était - sans doute pas un hasard - en pleine conférence de rédaction, la plupart des contributeurs du journal étaient autour de la table. Les agresseurs, armé d'un fusil à pompe et d'une kalachnikov, ont tiré tous azimuts sur les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, puis ont abattu un policier - chargé de la protection de Charb - qui tentait de les arrêter.

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Une fusillade éclate alors sur le boulevard Richard Lenoir, à quelques mètres de là. Ils criblent ainsi de balles la voiture d'une patrouille de police puis, lorsque l'un des agents parvient à s'extraire du véhicule, vont l'achever à terre d'une balle dans la tête. Puis, les trois hommes réussisent à prendre la fuite, percutent une voiture, s'emparent du d'un passant, près de la porte de Pantin. Selon certains témoins, les agresseurs qui parlaient un français impeccable, ont crié : "on a vengé le prophète Mohamed, on a tué Charlie Hebdo!"

L'attentat - attaque sans précédent, plus meurtrière qu'en 1995 - n'a pour l'heure pas été revendiqué. L'ensemble de la police judiciaire, soit sept brigades, sont mobilisées pour tenter de retrouver les trois hommes. Un numéro vert a été mis en place pour tenter de recueillir tout témoignage : le 08 05 02 17 17

 

Effroi, stupeur, vive émotion

A leur arrivée à Charlie Hebdo, les secours ont des survivants sous le choc et une odeur prégnante de poudre. Patrick Hertgen, médecin urgentiste des sapeurs-pompiers raconte :

On a vu une scène de carnage, une scène d'exécution comme on les voit dans des scènes de crime où des personnes sont abattues à bout portant, une scène qu'on ne rencontre pas très souvent en France. Toutes les victimes étaient à terre, certains blessés graves étaient plus ou moins assis pour tenter de respirer un peu mieux. Les survivants qui se trouvaient dans les bureaux à côté s'étaient barricadés et ne nous ont pas ouvert la porte toute de suite parce qu'il avaient peur, ils ne savaient pas s'il y avaient encore des terroristes. L'ambiance était une ambiance de sidération, de silence.

Des centaines de rassemblement étaient organisés partout en France : plus de 10 000 personnes se sont réunies à Lyon, d'autres se sont retrouvées à Tulle, Nantes, Bordeaux, Tours, Metz, Toulon, Marseille, Toulouse, Grenoble, Lille ... mais aussi à l'étranger à Londres, Genève ou Berlin qui a 500 personnes dire leur indignation. A Paris, au moins 35 000 personnes s'étaient donné rendez-vous place de la République où les manifestants ont brandi stylo, pancartes "Je suis Charlie" et cartes de presse pour les journalistes.

Les drapeaux de l'Elysée, de l'Assemblée nationale et du Sénat ont été mis en berne. Des mesures renforcées ont été prises dans lieux publics, les centres commerciaux ou encore les organes de presse.

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