Ils font cette demande à l'occasion de la Convention sur les armes classiques organisée par l'ONU à Genève. Leur objectif: un traité international sur l'interdiction de ces armes autonomes.

Lancement de la campagne « Stop Killer Robot » à Londres en 2013
Lancement de la campagne « Stop Killer Robot » à Londres en 2013 © AFP / Carl Court

Des robots-tueurs demain ?

Un essaim de mini-robots qui tuent leurs cibles sans qu'un homme ne soit aux commandes, c'est le scénario de ce clip, un peu terrifiant, publié sur les réseaux sociaux il y a un an...

C'est la vision du futur qu'ont les opposants aux armes autonomes. Des machines, dopées à l'intelligence artificielle, qui choisissent seules de faire feu. Et ce futur, il est là, tout proche, selon Anne Sophie Simpère qui a coordonné le rapport "Pourquoi la France doit s'opposer aux robots tueurs" : "Quand on regarde les programmes de recherche militaire notamment chez les grandes puissances : États-Unis, Israël mais aussi la France… On note que les programmes vont vers de plus en plus d’autonomie, des contrôles humains de plus en plus réduits, une intégration croissante de l’intelligence artificielle et c’est pour ça qu’on pense qu’il est aujourd’hui urgent de réglementer la question des armes entièrement autonomes, avant qu’elles ne soient déployées.

Depuis cinq ans, le nombre des opposants a grandi. Entre les ONG, les chercheurs, les scientifiques, les militaires pour qui, l'expression peut paraître malheureuse, la guerre doit rester "humaine", c'est à dire menée par des hommes. Or les puissances militaires, comme la France, qui pourraient peser dans la décision d'interdiction, se contentent de déclarations d'intention et de projets a minima.

Techniquement, tout sera bientôt possible

La décision de tuer est humaine et ne doit pas être déléguée à une machine, poursuivent les opposants. Ici, on parle éthique, juridique parce que techniquement, tout sera bientôt possible. La France emprunte-t-elle ce chemin ? Non, selon Joël Barre, le patron de la direction générale de l'armement. "La réponse est non, nous n’avons pas de systèmes d’armes autonomes au sens où elles seraient capables de déclencher une action militaire sans passer par l’Homme."

Pour les ONG, les chercheurs et certains militaires qui s'opposent aux armes autonomes, il y a urgence à les interdire afin d'éviter, entre autre, une course aux armements. Dès qu'une grande puissance s'en dotera, les autres embraieront. À L’ONU, le secrétaire général appuie l'interdiction : "Je demande, déclarait récemment Antonio Gutteres, aux gouvernements d'interdire ces armes politiquement inacceptables et moralement révoltantes"

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