Cheveux, coiffure, quelles places ont-ils dans nos vies ? Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ? Courts, longs, raides, frisés... Que disent nos coupes de cheveux de notre identité, de nos humeurs, de nos goûts, de notre conformisme, et de notre singularité ?

Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ?
Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ? © Getty / Nancy Honey

Dans Grand bien vous fasse, Ali Rebeihi et ses invités, la journaliste Rokhaya Diallo, le sociologue, Michel Messu et l'anthropologue, Christian Bromberger, sont revenus sur cet aspect faussement superficiel de nos vies.

La palette de possibilités n'est pourtant pas si vaste : entre le naturel et l’artificiel, le symétrique et le dissymétrique, le lisse et le frisé, le long et le court, voire le rasé… Depuis la très haute antiquité, l’homme a le souci de sa coiffure. Il aime jouer avec la seule partie modifiable et visible de son corps pour exprimer son humeur. 

Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ? 

Pour rétrécir ses cheveux, certes. Mais aussi parce qu’on a envie de « se faire une tête » avec l’impératif aujourd’hui de ressembler à une gravure de mode ou… à soi. 

Quand une femme coupe brusquement ses cheveux longs à courts, il y a souvent une volonté de passer de la séduction à autre chose. A l’image d’Elisabeth Guigou qui en accédant à de nouvelles responsabilités ministérielles avait coupé ses cheveux. 

Plus récemment, Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre femmes et hommes justifie sa nouvelle coiffure avec les cheveux attachés par une volonté d’être écoutée, d’être prise au sérieux. 

Le mari de la coiffeuse, film de Patrice Leconte avec Jean Rochefort : 

Que l’on aille chez le coiffeur par nécessité ou plaisir, c’est un lieu où l’on s’occupe de soi. Un endroit où le corps se détend et l’on peut y parler de choses personnelles, la parole est plus libre. On fait confiance à son coiffeur. Et parfois, il devient un confident. 

Avec un peu de chance, on peut tomber sur un philosophe du quotidien comme dans le livre Conversations avec mon coiffeur de Tal Ben Shahar… Des coiffeurs racontent volontiers voir arriver leurs clients quand leur estime de soi est en berne. 

Dans une petite ville, le coiffeur peut, à l’image d’un bistrot, être un lieu de sociabilité où l’on se regroupe. 

Le coiffeur est parfois un rite de passage : on coupe les cheveux d’un enfant quand il entre à l’école maternelle, ou plus tard pour le passage d’une thèse… 

La coiffure comme affirmation 

Le cheveu permet de marquer une appartenance sociale. La chevelure a parfois été l’objet de conflit. Des groupes vont l’utiliser pour marquer une identité. Chez les Afro, chez qui le cheveu naturel est frisé, il y a eu une tendance au lisse pour calquer les Blancs, puis maintenant, on assiste à une réaction inverse : pour recouvrer leur identité. 

La coupe de cheveux, comme façon de se présenter aux autres, est souvent le révélateur d’enjeux qui dépassent l’individu. Les cheveux longs des années 1960 étaient la marque d’une génération hippie en rébellion contre les normes culturelles 

"Ma mère m’a dit fais toi couper les cheveux…" Dans Les Elucubrations du chanteur Antoine en 1966

Le cas particulier les coupes de cheveux des footballeurs

Aujourd'hui sur les réseaux sociaux, les coupes de cheveux des footballeurs sont commentées comme un aspect parmi d'autres de leur vie.

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