La mutuelle étudiante Smerep publie son étude annuelle sur la santé des étudiants. Parmi les points soulevés : plus de stress dans les études, des difficultés financières grandissantes et une négligence sur les questions de santé. Plus préoccupant encore, le portable semble être devenu une vraie source d'addiction.

Près de 30% des étudiants	et 25% des lycéens consultent leur Smartphone moins de 2 minutes après leur réveil.
Près de 30% des étudiants et 25% des lycéens consultent leur Smartphone moins de 2 minutes après leur réveil. © Getty

Les étudiants en France sont accros à leur téléphone portable. Et ce n'est pas une simple expression : on peut bel et bien parler d’addiction. La mutuelle étudiante Smerep publie son étude annuelle sur la santé des étudiants. Outre les chiffres plus ou moins préoccupants liés aux multiples facteurs de stress, la consommation de produits psychoactifs ou la négligence sur les questions de santé, l'addiction au portable est l'un des plus alarmants.

2 étudiants sur 3 passent entre deux et six heures sur leur téléphone

Les deux tiers des étudiants passent entre deux et six heures par jour sur leur téléphone. C'est ce que révèle le nouveau volet de l'étude de la Smerep consacré à la santé numérique. Les jeunes sont conscients des impacts sur leur santé, mais plus de 2 étudiants sur 5 se disent incapables de se passer de leur téléphone pendant une journée ou pendant les cours.

Des pratiques non sans conséquences sur la concentration pour la moitié d'entre eux. Jules Russick, en charge de la santé pour la mutuelle, remarque d'ailleurs que "si 66 % des étudiants et lycéens utilisent leur téléphone dix minutes après leur réveil, on observe une plus grande tendance à la dépendance chez les lycéens".

Symbole de cette dépendance, 45 % éprouveraient des difficultés dans leurs relations sociales et 42 % seraient victimes de maux de tête et douleurs oculaires fréquentes. D'ailleurs Jules Russick l'assure : "La majorité de la population sera bientôt confrontée à cette problématique."

L'addiction au portable est grave, comme toute forme d'addiction.

Stress, angoisse, négligence des soins de santé

Outre les questions de santé numérique, de nombreuses sources d'inquiétudes sont rapportées par l'étude de la Smerep. Parmi elles, la réticence vis-à-vis des vaccins, dont 50 % des étudiants pensent qu'ils favorisent les maladies. Aussi, 30 % des jeunes affirment avoir consommé au moins un type de produits psychoactifs (cannabis, poppers, MDMA), et 82 % de l'alcool, dont 28 % de manière régulière.

Enfin, les difficultés financières, couplées aux jobs étudiants et à la pression des études, augmentent les facteurs de stress et d'angoisse. De fait, 1 étudiant sur 5 avoue avoir eu des pensées suicidaires.

A la suite de cette étude, la Smerep prévoit de développer dans les prochains mois des actions de prévention ciblées sur les jeunes et les parents, dont ils estiment qu'ils ont un rôle tout aussi  prégnant à jouer sur les questions de sensibilisation aux addictions numériques et de santé.

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