Une manifestation est prévue mardi soir à Paris pour protester contre les actes antisémites. De la profanation du cimetière de Carpentras à l'assassinat de Mireille Knoll, retour sur les rassemblements contre l'antisémitisme qui ont marqué les esprits.

Des rassemblements organisés un peu partout en France depuis les années 90 contre l'antisémitisme.
Des rassemblements organisés un peu partout en France depuis les années 90 contre l'antisémitisme. © AFP et MAXPPP

Mardi soir, un grand rassemblement contre l'antisémitisme est organisé à Paris place de la République à 19 heures, à l'appel de quatorze partis politiques. Une manifestation qui intervient après l'agression verbale du philosophe Alain Finkielkraut samedi, en marge d'une manifestation de "gilets jaunes". Après les croix gammées sur des portraits de Simone Veil. Après l'inscription "juden" sur la vitrine d'un vendeur de Bagel. Après l'arbre hommage à Ilan Halimi coupé. Cette manifestation, même si elle est inédite, n'est pourtant pas la première du genre. Depuis des dizaines d'années, un peu partout en France, partis politiques, citoyens et associations se regroupent pour lutter contre l'antisémitisme. 

28 mars 2018 : en hommage à Mireille Knoll 

Quoi ? En mémoire de Mireille Knoll, un peu plus de 10 000 personnes se réunissent à Paris le 23 mars 2018, dont des représentants politiques comme Gérard Colomb, Christophe Castaner, Laurent Wauquiez ou encore l’acteur et chanteur Patrick Bruel. Un des fils de la victime appelle à l’époque "tout le monde sans exception" à se réunir.

Le fait déclencheur ? Mireille Knoll, femme juive de 65 ans, a été torturée et défenestrée par un de ses voisins à Belleville le 23 mars 2018.

L'image qui reste : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon exfiltrés, sous les huées. Le président du CRIF (Conseil représentatif des Institutions juives de France) Francis Kalifat avait déclaré quelques jours avant ne pas vouloir de la présence de représentants de la France Insoumise et du Front National. 

Lors de la marche blanche du 28 mars 2018 organisée à Paris en hommage à Mireille Knoll, 10 000 personnes étaient réunies sur la place de la Nation.
Lors de la marche blanche du 28 mars 2018 organisée à Paris en hommage à Mireille Knoll, 10 000 personnes étaient réunies sur la place de la Nation. © Maxppp / Sadak Souici / Le Pictorium

25 mars 2012 : après Mohamed Merah

Quoi ? Une marche silencieuse réunit plus de 20 000 personnes à Paris, et 6 000 personnes à Toulouse à l'appel de SOS Racisme, de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), de la Licra, du Parti Socialiste, de l'association française des victimes du terrorisme et du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) en faveur de cette "marche républicaine."

Le fait déclencheur ? Le djihadiste Mohammed Merah fait plusieurs victimes devant l'école juive Ozar Hatorah. Parmi eux, un enseignant, trois enfants juifs ainsi que trois militaires.

L'image qui reste : De jeunes manifestants portant sur leurs vêtements des drapeaux autocollants bleu-blanc-rouge.

Marche blanche organisée à Toulouse le 25 mars 2012 en mémoire des victimes de l'école juive Ozar Hatorah
Marche blanche organisée à Toulouse le 25 mars 2012 en mémoire des victimes de l'école juive Ozar Hatorah © Maxppp / Sébastien Lapeyrere

26 février 2006 : en mémoire d'Ilan Halimi

Quoi ? Pour dire non à l’antisémitisme et au racisme, des milliers de personnes se rassemblent à Paris et dans plusieurs villes de province. En tête du cortège, des responsables politiques de droite et de gauche défilent. Des manifestants s'arrêtent devant la boutique où travaillait Ilan Halimi, sur le boulevard Voltaire. 

Le fait déclencheur ? La découverte du corps d’Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé par le "gang des barbares." 

L'image qui reste : Des bouquets de fleurs à la main de manifestants et l'image d'Ilan Halimi imprimée sur plusieurs affiches. 

Rassemblement le 26 février 2006 à Nice en mémoire d'Ilan Halimi.
Rassemblement le 26 février 2006 à Nice en mémoire d'Ilan Halimi. © AFP / Valéry Hache

16 mai 2004 : en réaction aux dégradations

Quoi ? Des milliers de personnes (9 000 selon la police, plus de 80 000 pour les organisateurs) défilent à Paris pour dénoncer l’intensification des actes antisémites en France.

Le fait déclencheur ?  Plusieurs éléments déclencheurs dont l’agression d’un rabbin, la dégradation du mausolée de Fleury-devant-Douaumont (Meuse) près de Verdun et la découverte d’inscriptions d’inspiration nazie sur 137 tombes dans le cimetière juif d’Herrlisheim (Haut-Rhin) le 30 avril 2004.

L'image qui reste : Les pancartes jaunes de SOS-Racisme "Touche pas à mon pote."

Des personnes défilent le 16 mai 2004 à Paris.
Des personnes défilent le 16 mai 2004 à Paris. © AFP / Joel Robine

7 avril 2002 : contre les actes antisémites sur fond de tensions internationales

Quoi ? Des dizaines de milliers de personnes, quasiment 200 000, défilent en France. A Paris, on compte plus de 50 000 manifestants à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (C.R.I.F.) "contre le terrorisme et l'antisémitisme, avec Israël pour la paix et la sécurité"

Le fait déclencheur ? Les attentats contre des synagogues perpétrés à Lyon, Marseille et Strasbourg les 30 et 31 mars 2002 et les actes antisémites en augmentation dans le pays. 

L'image qui marque ? Des violences à Paris à la fin de la manifestation, par des mouvements extrémistes juifs 

Des milliers de personnes rassemblés le 7 avril 2002 à Marseille contre l'antisémitisme et le terrorisme.
Des milliers de personnes rassemblés le 7 avril 2002 à Marseille contre l'antisémitisme et le terrorisme. © Maxppp / Florian Launette

14 mai 1990 : François Mitterrand marche contre l'antisémitisme

Quoi ?  200 000 personnes participent à une manifestation à Paris pour "la justice, la liberté et la démocratie" après l’appel du C.R.I.F. (Conseil représentatif des institutions juives de France). Tous les partis se joignent au rassemblement, hormis le Front National. 

Le fait déclencheur ? La profanation du cimetière juif de Carpentras (Vaucluse).

L'image qui marque ? Le président de la République François Mitterrand parmi les manifestants, en présence de son ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine. Un chef d'Etat qui manifeste, c'est une première depuis 1945. 

François Mitterand lors du défilé du 14 mai 1990 à Paris.
François Mitterand lors du défilé du 14 mai 1990 à Paris. © AFP / Patrick Hertzog
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