Un an après sa signature, l’accord signé entre Bruxelles et Washington sur la libéralisation du trafic aérien transatlantique est entré en vigueur hier soir à minuit. Il met fin à plus de soixante ans d’accords bilatéraux entre chaque pays de l’Union et les Etats-Unis. Concrètement cet accord permet aux compagnies aériennes européennes de desservir les Etats-Unis depuis n’importe quel pays européen. Jusqu'à présent la situation sur les liaisons transatlantiques était simple : les compagnies nationales ne pouvaient desservir les Etats-unis qu’à partir de leur pays d’origine. Ainsi,pas question pour Air France d’aller chatouiller les américains et même ces concurrents européens au départ d’autres villes que françaises.Pire, Londres était une forteresse imprenable depuis un accord anglo-américain signé aux Bermudes en 1977 et qui stipulait que seules deux compagnies britanniques et deux compagnies américaines pouvaient desservir les Etats Unis à partir de la capitale britannique: British Airways et Virgin Atlantic coté anglais, Américan et United coté américain ! Bref, depuis trente ans les Britanniques et les Américains s’étaient organisés au départ de Londres autour d’une phrase : vive la concurrence mais quand elle ne sert que nos intérêts… Désormais tout cela est terminé car toutes les compagnies vont pouvoir s’engouffrer dans la brèche et Londres va devenir un axe stratégique pour les Liaisons sur l’Atlantique. Heathrow reste en effet l’aéroport le plus important de la planète pour le trafic international. Il va augmenter ces fréquences de 20%. L’enjeu est de taille puisque les liaisons entre la Grande-Bretagne et les Etats Unis représentent à elles seules 40% d’un marché transatlantique particulièrement juteux puisqu’il est estimé à plus de 18 milliards de dollars. Pour autant, le voyageur y trouvera t-il son compte? Sur le papier effectivement cela s’annonce bien. Il est prévu une augmentation de 8% des vols entre les deux côtés de l’Atlantique. Le problème, c’est que cette hausse de capacité (et donc de supplément potentiel de concurrence qui pourrait faire baisser les prix) n’arrive pas forcément au bon moment. Le baril dépasse les 100 dollars, l’économie américaine est en récession et l’avenir de l’économie européenne est très incertain. Du coup, l’horizon n’est pas franchement dégagé pour les compagnies aériennes dont le modèle économique reste extrêmement vulnérable. Il ne faut donc pas forcément s’attendre à des excès de générosité de leur part. Dans la bagarre qui s’annonce les marges de manœuvres pour casser les prix seront très limitées. Dès lors, si dans un premier temps, avec l’arrivée de cette nouvelle concurrence le consommateur peut espérer voir baisser les prix, il n’est pas certain que sur la durée il s’y retrouve. Une violente guerre des prix pourrait en effet éliminer les plus faibles et laisser les grosses alliances seules sur ce marché. On pourrait même assister à de nouveaux regroupements de compagnies. Or plus on est gros, mieux on maitrise le marché, et moins on a envie de faire des cadeaux à ses clients……

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