[scald=200045:sdl_editor_representation]NEW DELHI (Reuters) - Cinq des six auteurs présumés du viol d'une étudiante indienne le 16 décembre dernier à New Delhi, à l'origine d'une vague d'indignation sans précédent dans le pays, ont été présentés lundi devant un tribunal de la capitale.

Les cinq hommes, ainsi qu'un mineur qui sera jugé séparément devant un tribunal pour enfants, sont accusés de viol, d'enlèvement et du meurtre de la jeune femme de 23 ans, décédée dans un hôpital de Singapour le 28 décembre des suites de l'agression.

Le viol collectif dans un bus de cette étudiante en kinésithérapie a ouvert un débat national sur les violences faites aux femmes en Inde, où un viol est signalé aux autorités toutes les vingt minutes en moyenne.

Un fourgon de police bleu a conduit les prévenus de la prison de Tihar jusqu'au tribunal du district de Saket, dans le sud de Delhi, pour une audience consacrée à la lecture de leur acte d'accusation et à la fixation d'une date pour leur procès.

L'un des procureurs chargés du dossier, Rajiv Mohan, a réclamé la peine capitale étant donné la nature "atroce" du crime. "Les cinq accusés ne méritent pas moins que la peine capitale", a-t-il déclaré. Les proches de la victime ainsi qu'une bonne partie de l'opinion réclament également la mort pour les violeurs présumés.

Deux des prévenus ont déposé samedi une demande pour obtenir le statut d'informateur contre les autres accusés, en espérant une peine réduite, a indiqué Rajiv Mohan.

Les membres du barreau du district de Saket ont refusé de représenter les accusés, dont la plupart viennent d'un bidonville de la capitale.

Avant l'audience de lundi, les cinq hommes étaient apparemment sans avocat pour les défendre en dépit de longs interrogatoires par la police, qui dit avoir enregistré leurs aveux.

Dans la salle d'audience, où journalistes et avocats s'étaient massés avant l'arrivée des prévenus, l'avocat de la Cour suprême Manohar Lal Sharma, qui a offert de représenter les accusés, s'est fait huer par les autres avocats.

Les cinq hommes devraient se voir attribuer des avocats commis d'office avant l'ouverture de leur procès devant un tribunal à procédure accélérée mis en place à la suite de l'agression.

Des experts en droit préviennent que l'absence de représentants de la défense pourrait permettre aux prévenus de faire appel s'ils sont reconnus coupables. Des cas similaires ont abouti à des acquittements.

Le sixième accusé, qui a moins de 18 ans, risque une peine maximale de trois années d'emprisonnement.

Frank Jack Daniel; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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