Comment va faire Huan Huan pour s'occuper de deux bébés ? C'est rare des jumeaux ? Ou encore : doit on s'attendre à un petit Manu et à une petite Bibi ?

Jusqu'à ses deux mois, le bébé panda partage son temps à se nourrir, dormir et aller à la selle.
Jusqu'à ses deux mois, le bébé panda partage son temps à se nourrir, dormir et aller à la selle. © AFP / Li Qiaoqiao / XINHUA

1. Cette naissance gémellaire en captivité est-elle une première ?

Non, la dernière en Europe s'est déroulée au zoo de Vienne en août 2016. D'ailleurs les naissances de jumeaux sont fréquentes chez les pandas. Dans 50 % des cas, la mère a une portée multiples, très rarement des triplés. Cette gestation en captivité de panda est une première en France. Mais avant elle en Europe, l'Autriche, l'Espagne et la Belgique ont accueillies des petits. En revanche leur vie n'est pas assurée pour autant, la mortalité des bébés bicolores s'élève à 20 %.

2. Quel destin pour le deuxième petit ?

Comme la venue au monde de pandas est une première au zoo de Beauval, deux soigneuses chinoises spécialistes dans la reproduction des pandas sont arrivées ce lundi pour assister les équipes vétérinaires. Problème, dans la majorité des naissances gémellaires, la mère choisi le plus fort pour garantir la survie de l'espèce et abandonne le second. Alors pour sauver les deux bébés si cela se produit : le petit abandonné sera placé dans une couveuse à la température identique à la fourrure de sa mère, pendant que l’autre sera auprès d'elle. Les bébés échangeront ensuite leur place toutes les deux heures, ni vu ni connu.

3. Pourquoi devront ils repartir en Chine ? On ne peut pas en garder un ?

C'est ce qu'on appelle la diplomatie du panda. En prêtant ces adorables ours, la Chine soigne ses relations avec l'Europe et s'assure de la continuité de l'espèce, véritable joyau de l'Empire du Milieu. Pour recevoir un couple, le code veut que le président du pays d'accueil fasse la demande en personne au président chinois, Nicolas Sarkozy en l’occurrence dans le cas de Huan Huan et de Yuan Zi. Après cinq ans de négociations, c'est donc un prêt qui fût accordé au zoo de Beauval pour 10 ans. L'une des conditions de ce prêt, c'est donc qu'en cas de naissance, le ou les petits repartent en Chine une fois sevrés et émancipés.

4. Comment seront choisis les prénoms ?

Lorsqu'un panda né dans un pays asiatique, c'est à la première dame de choisir le prénom. Quand la naissance se fait à l'étranger, elle collabore avec la femme du président du pays. Une fois la gestation de Huan Huan connue, il était donc établi que Brigitte Macron et son homologue chinoise Peng Liyuan, devraient se mettre d'accord sur ce point. La situation reste identique dans le cas de jumeaux, les deux femmes devront convenir ensemble des prénoms.

Une chose est sûre : les prénoms seront d'origine chinoise, car ils ont énormément d'importance dans le pays. Pas de "Manu" donc à l'horizon. Ils seront également dévoilés selon toute logique après 100 jours, un autre tradition, en raison de la mortalité très élevée des nouveaux nés. Brigitte Macron sera la marraine des petits, a précisé Delphine Delord, la directrice de la communication au zoo de Beauval.

5. Ces deux petits amèneront aussi avec eux des retombées économiques ?

La diplomatie du panda n'est pas un acte gratuit. Chaque année, le zoo de Beauval paie 750 000 euros à la Chine pour garder les ours bicolores. Et comme chacun d'eux avale une centaine de kilos de bambous par jour, il faut aussi débourser environ 60 000 euros par an. Mais depuis l'arrivée de Huan Huan et de Yuan Zi en 2012, la fréquentation du zoo de Beauval est passé de 1 à 1,35 millions de visiteurs. Quant au chiffre d'affaires, il a explosé : de 17 à 42 millions d'euros. Avec une naissance, qui plus est gémellaire, les retombées pour admirer les deux petites frimousses s'annoncent colossales.

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