C'est un procès bien tardif, 24 ans après les faits, qui s'ouvre le 27 février devant la cour d'assises spéciale de Paris. Celui de trois hommes, soupçonnés d'avoir participé à l'attentat du "City of Poros", en juillet 1988. Cette attaque à la mitrailleuse, à bord d'un bateau de croisière au large d'Athènes, avait fait 9 morts dont trois français.

Procès de l'attentat du City of Poros à la Cour d'assises spéciale de Paris
Procès de l'attentat du City of Poros à la Cour d'assises spéciale de Paris © MAXPPP

Les images avaient marqué à l'époque : l'homme avait vidé le chargeur de son fusil automatique sur les touristes qui prenaient le soleil, de retour de la dernière île du parcours. Mais les trois accusés, membres du Fatah conseil révolutionnaire, le mouvement de lutte palestinien fondé par Abou Nidal, rival historique de Yasser Arafat, ne seront pas dans le box des accusés. Adnan Sojod, Samir Khaidir et Abdul Hamid Amoud sont introuvables, voire peut être morts, même leur identité n'est pas vraiment certaine.

La police grecque accuse un jeune français, tué dans l'attaque

Il y avait 170 français sur le bateau, sur plus de 400 passagers. Plusieurs dizaines de rescapés se sont constitués partie civile, ainsi que les familles des trois victimes françaises, dont deux jeunes fiancés, Laurent et Annie.

La mère de Laurent, Christiane Vigneron, se souvient. Le cauchemar de la perte de son fils va bientôt se doubler d'un autre : la police grecque accuse son fils d'être l'auteur de l'attentat.

Personne ne peut me me dire pourquoi on a laissé planer de telles accusations

24 ans après, Christiane viendra, avec son mari, assister à cet étrange procès sans accusés. Mais elle n'en attend pas grand chose, et le redoute même un peu.

Il faut qu'on y soit, par amour pour notre fils, par dignité... mais ce n'est pas de gaieté de coeur

Actualisation : Les 3 hommes ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle, jeudi 1er mars, par la cour d'assises spéciale de Paris. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet général en prononçant la peine maximale encourue.

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