Malgré le confinement et l'augmentation du trafic en ligne, les incivilités ont légèrement reculé en 2020, selon un baromètre établi par Microsoft. Mais en France en particulier, encore une personne sur quatre dit avoir constaté ou subi un cas de harcèlement.

En 2020, le civisme a progressé, mais il y a toujours près d'un internaute sur quatre qui a été témoin ou victime de harcèlement
En 2020, le civisme a progressé, mais il y a toujours près d'un internaute sur quatre qui a été témoin ou victime de harcèlement © Getty

Alors qu'avec l'année 2020 et la crise sanitaire, les communications en ligne, via Internet, sont devenues la norme, les incivilités en ligne ont-elles suivi le même chemin ? Selon un baromètre annuel dressé par Microsoft, c'est plutôt l'inverse : à l'échelle mondiale, l'indice du civisme en ligne a gagné trois points en une année.

Cet indice, basé sur un sondage en ligne mené en 2020 auprès de 16 051 personnes dans 32 pays, mesure les incivilités en ligne en se basant sur 21 risques classés en quatre catégories (comportement, vie privée, sexe, réputation). Cet indice fonctionne sur une échelle inversée : plus le chiffre est faible, plus il y a de civisme (et donc moins il y a d'incivilités).

En France, la situation stagne chez les adultes, régresse chez les ados

À l'échelle mondiale, l'indice du civisme est donc de 67, là où il était de 70 en 2019. C'est surtout chez les adolescents que le civisme progresse, avec un passage de 66% à 63% d'incivilités constatées en un an. "L'amélioration est très largement portée par les adolescents, qui font partie du panel que l'on interroge", explique Corinne Caillaud, directrice des affaires publiques de Microsoft France.

En France, 59% des adolescents ( 2 points) et 66% des adultes (-1 point) sont concernés par des incivilités en ligne : si globalement la situation est meilleure que la moyenne dans le monde, en revanche, contrairement aux chiffres mondiaux, chez les ados français, le civisme est en léger recul. "La France est en 11e position sur les 32 que nous avons sondés", détaille Corinne Caillaud. "Mais les résultats français sont légèrement en décalage par rapport au reste du monde, car l'indice stagne chez les adultes et s'est légèrement dégradé chez les adolescents. Cela s'explique par le fait que les Français ont eu un avis assez contrasté sur les effets de la pandémie de Covid-19 sur le civisme en ligne."

En effet, en 2020, le baromètre a pris en compte la place occupée par la pandémie de Covid-19. Et il est intéressant de voir qu'à cet égard, il y a presque autant de personnes qui pensent que la pandémie a amélioré le civisme que de personnes qui pensent le contraire : 17% des sondés en France évoquent la solidarité, la connexion avec les proches, comme des éléments qui ont fait progresser le civisme, contre 15% qui affirment que la circulation des fake news notamment a fait reculer le civisme.

"Plus d'actions mises en œuvre contre le harcèlement"

Au total, 24% des sondés disent avoir été impliqués dans des affaires de harcèlement, et 9% en tant que victimes (les autres l'ont été en tant que témoins). "Dans le top 3 des mécanismes mis en œuvre pour se défendre contre le harcèlement, on a une augmentation notable, en particulier en France, des signalements sur les sites web, des blocages, et du fait de prévenir un adulte pour les jeunes : il y a donc tout de même une évolution plutôt positive si l'on regarde les actions mises en œuvre, la prise de conscience", explique Corinne Caillaud. "L'ensemble des acteurs du numérique doit continuer à promouvoir une utilisation responsable d'Internet." L'an dernier, 8% des adultes disent avoir subi une forme de harcèlement au travail en ligne, une donnée prise en compte dans le baromètre pour la première fois. 

Globalement, en France, 32% des sondés se disent satisfaits de l'état du civisme en ligne, contre 35% qui estiment que celui-ci n'est pas satisfaisant (et donc 33% sont neutres). L'incivilité qui s'est le plus améliorée entre 2019 et 2020 en France, c'est celle liée aux contacts sexuels non souhaités (spam, messages agressifs, etc.), avec une baisse de 5 points en un an.

En revanche, les trois risques les plus élevés sont les escroqueries et les tentatives de fraude, avec 29% de personnes qui disent avoir constaté ce genre d'incivilités ( 5 points sur un an), les discours haineux à 12% (-1 point) et les discriminations à 8% ( 3 points). Et 28% des risques évoqués proviennent de personnes inconnues des victimes.

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