En tant que présidente de l'association ATD - Quart Monde, celle qui a succédé à Jacques Toubon, mène une lutte acharnée contre les inégalités d'accès à l'emploi et au logement. Portrait.

Claire Hédon, présidente d'ATD-Quart monde.
Claire Hédon, présidente d'ATD-Quart monde. © AFP / LUDOVIC MARIN

Son visage ne vous dit peut-être rien pour le moment, mais elle a, à partir de ce jeudi, la lourde tâche de succéder à Jacques Toubon en tant que défenseure des droits. Claire Hédon a été choisie par l'Élysée pour prendre la tête de cette autorité indépendante, une institution qui, ces dernières années, s'est transformée en vigie des libertés publiques. La nomination, proposée par le Premier ministre Édouard Philippe, a été entérinée mercredi 15 juillet par le Parlement. Lutte contre la pauvreté, mais aussi journaliste radio... Portrait d'une femme engagée contre les inégalités.

Présidente d'ATD-Quart Monde

La lutte pour l'égalité, Claire Hédon, 57 ans, la menait depuis 1993 en tant que bénévole au sein de l'association ATD-Quart Monde. But affiché : lutter contre l'extrême pauvreté. Une association qu'elle a découverte par hasard en 1992, dans les bidonvilles de Bangkok en Thaïlande, lors d'un reportage sur une bibliothèque de rue. Organisme dont elle prend la tête 27 ans après, en 2015. 

En septembre 2018, visite présidentielle. Claire Hédon accueille Emmanuel Macron dans un centre d'ATD-Quart Monde à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, en marge de la présentation de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté. La rencontre avait duré plusieurs heures, et été qualifiée à l'époque de "signal encourageant" par Claire Hédon. Pour elle, le président était reparti "convaincu que les personnes vivant dans la pauvreté ont une intelligence et une expérience dont nous ne pouvons pas nous passer pour lutter efficacement contre la grande pauvreté."

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Bataille pour l'emploi

Claire Hédon s'exprime régulièrement dans les médias pour défendre l'accès de tous à l'emploi. En mars dernier, elle se fendait ainsi d’une tribune, publiée dans le quotidien Le Monde, dans laquelle elle plaidait pour "faire de l’emploi un bien commun dont personne n’est exclu" : "Les bénéfices de ces emplois retrouvés reviennent non seulement aux personnes qui en étaient privées, mais aussi au reste du territoire", soulignait-elle. Une posture qu'elle défendait aussi sur notre antenne l'an dernier, dans l'émission Le Nouveau rendez-vous : "Le droit au travail est inscrit dans la constitution. On parle toujours de chômeurs mais on devrait parler de personnes privées d’emploi. C’est ça la réalité : les gens veulent travailler."

Elle déplorait alors le fait que la réforme de l'assurance chômage allait "mettre des gens dans la pauvreté", en pointant du doigt le "durcissement de l'accès au chômage". Chez nos confrères de France Culture, elle évoquait aussi la difficulté pour les plus démunis d'accéder aux aides de l'État : "Il y a plus de 33% des personnes qui devraient bénéficier du RSA et qui ne le demandent pas, tellement les démarches sont compliquées".

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Lutte pour l'accès au logement des plus précaires

C'est un autre cheval de bataille de Claire Hédon : que les moins favorisés puissent se loger dignement. En juin, dans les Échos, elle alertait sur la difficulté des plus pauvres à accéder aux logements sociaux : "On vit dans un pays capable de reconstruire Notre-Dame en cinq ans mais incapable de loger les personnes dans le besoin." Dans 28 minutes sur Arte, elle étayait : "Qu'est-ce qui se passe ? Rénovation du quartier, du coup augmentation des loyers, même chez les bailleurs sociaux. Les prix montent et du coup les plus pauvres sont encore rejetés le plus loin possible (...) C'est un phénomène mondial qui dit quelque chose de notre gêne par rapport à la pauvreté et du manque de mixité sociale."

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Depuis 2017, Claire Hédon est aussi membre du Comité consultatif national d'éthique. Objectif de l'organisme indépendant : "faire participer les citoyens à la réflexion éthique et leur permettre de comprendre les enjeux que soulèvent certaines avancées scientifiques, dans le domaine des sciences de la vie et de la santé."

Journaliste de formation

Si le visage de Claire Hédon ne vous est pas familier, vous avez en revanche peut-être déjà entendu sa voix : elle a en effet longtemps été journaliste radio. Voix familière notamment pour les auditeurs de RFI (Radio France Internationale), où elle a produit et animé chaque matin l'émission "Priorité Santé" de 2003 à 2018. Titulaire d'une maîtrise de droit de l'université Paris-2 Panthéon-Assas et d'un master en communication du Celsa, elle a également tenu le micro à Radio France : à France Bleu et en réalisant des reportages pour France Inter.

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