Un siècle après avoir disparu dans la bataille de Verdun, le sergent Claude Fournier, premier soldat français de 14-18 identifié génétiquement, a été inhumé ce mercredi dans la nécropole nationale de Douaumont (Meuse) en présence de son petit-fils.

Le sergent Claude Fournier, avec ses camarades durant la guerre 14-18
Le sergent Claude Fournier, avec ses camarades durant la guerre 14-18 © DR

Le sergent Claude Fournier est mort le 4 août 1916 lors de la bataille de Verdun. Il avait 36 ans. Il a été identifié 102 ans après, grâce à la science. 

Tout commence le 6 mai 2015. Trois squelettes enchevêtrés sont retrouvés au milieu du chantier de rénovation du mémorial de la Grande guerre de Fleury-devant-Douaumont. Ces ossements sont les restes de trois soldats. Trois parmi les 80 000 corps censés reposer à jamais sous le champ de bataille de Verdun et des villages alentours. 

À 200 mètres des ossements, des ouvriers tombent sur une plaque militaire avec un nom, celui de Claude Fournier.

Près des dépouilles on a trouvé une médaille d'identification
Près des dépouilles on a trouvé une médaille d'identification / Bruno Frémont

Une piste qui mènera le médecin légiste du Centre hospitalier de Verdun, Bruno Frémont, au village d’origine du soldat et à ses descendants.

Deux analyses génétiques, puis une reconstitution faciale, permettent ensuite au médecin d’identifier formellement le premier poilu français : "Toutes les identifications qui ont été faites jusqu'à présent, dans des circonstances semblables, sont des présomptions", explique le docteur Frémont. "On trouve une plaque d'identité près d'un squelette, ou pas trop loin et on attribue l'identité. Alors qu'ici on a une preuve formelle, une preuve scientifique. Ca aide un peu les familles à cicatriser cette plaie qui ne s'est jamais totalement fermée, comme on peut le voir quand on constate l'émotion sur le visage de Monsieur Allard."

Robert Allard, 75 ans, le petit-fils du sergent Claude Fournier, très ému, seulement quelques minutes après la mise en bière de son grand-père : Quand on voir les restes de mon grand père, je me dit que si je suis là c’est grâce à lui et je pense à ma mère. Ce qui la chagrinait le plus c'est de ne pas savoir où il avait été tué et de ne pas l'avoir retrouvé." 

La mère de Robert Allard est morte il y a sept ans, elle avait seulement quatre ans quand son père est tombé à Verdun. 

Près de 300 000 soldats - 160 000 Français et 140 000 Allemands - sont morts pendant la bataille de Verdun, qui s'est étirée du 21 février au 19 décembre 1916. Les ossements de 130 000 soldats sont enterrés à la nécropole nationale de Douaumont et 80 000 soldats sont toujours portés disparus dans une zone de 10 000 hectares transformée depuis en forêt domaniale.

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