La ville de Seine-Saint-Denis a beaucoup changé entre 2005 et 2017 : de l'argent, des rénovations urbaines, de nouvelles écoles... Une chose est restée identique, le niveau de vie des habitants. Les Clichois étaient et demeurent parmi les habitants les plus pauvres de France.

Clichy-sous-Bois, toujours enclavée, symbole des territoires exclus de la République.
Clichy-sous-Bois, toujours enclavée, symbole des territoires exclus de la République. © AFP / DOMINIQUE FAGET

Clichy-sous-bois n'est pourtant qu'à 24 kilomètres de la tour Eiffel et des richesses parisiennes, mais elle se classe en première position des villes les plus pauvres de France, avec plus de 40 % de sa population qui vit en dessous du seuil de pauvreté et un taux de chômage de 23 %. 

La question des transports est primordiale puisque le bassin d'emploi dont dépend Clichy, notamment le centre de Paris et l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, est parfois mal desservi en transports en commun à  partir d'une ville où un ménage sur deux ne possède pas de véhicule. Si l'on compare à Saint-Germain-en-Laye, le contraste est frappant : pour aller de Clichy à Paris, il vous faudra 1 heure – en fonction de la régularité du passage des bus et des RER E qu'il faut aller attraper à la station du Raincy –, quand pour rejoindre Paris depuis Saint Germain-en-Laye vous prendra 37 minutes. 

"Ils ont tout fait pour que les Clichois ne passent pas chez eux"

Alors que, depuis de nombreuses années, le tramway aurait dû permettre aux habitants de rejoindre des gares RER rapidement, la municipalité de Livry-Gargan, située tout près de Clichy, s'est longtemps opposée à ce que le tracé du T4 passe par Clichy : "Il y a eu  obstruction de certaines localités voisines qui ont tout fait pour que les Clichois ne passent pas chez eux", affirmait la municipalité de Clichy au journal Libération en octobre 2016.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Pour aller de Clichy-sou-Bois au centre de Paris, il faut plus d'une heure.
Pour aller de Clichy-sou-Bois au centre de Paris, il faut plus d'une heure. / capture d'écran site ratp

Au lendemain, des émeutes de 2005, après la mort de deux adolescents poursuivis par la police lors d'un contrôle d'identité et électrocutés dans un transformateur EDF de la ville,  Jacques Chirac avait promis de "remplacer les barres et les tours par un habitat plus humain" et de sortir Clichy de son enclavement. 

C'est seulement onze ans plus tard que Manuel Valls lancera le début de ce chantier, qui tarde malgré tout à aboutir. Par ailleurs, des doutes subsistent sur la création d'une ligne de métro, la 16, pour 2023. 

Dans une lettre ouverte au président de la République, les maires de Clichy et Montfermeil se sont émus d'un possible abandon de ce projet. Aux yeux d'Olivier Klein, dans cette ville où un Clichois sur trois à moins de 30 ans et où vivent 8 000 enfants sur 30 000 habitants, "le métro du Grand Paris en 2023 est une absolue nécessité". 

Douze ans après les émeutes de 2005, les nouveaux transports en commun ne sont toujours pas en fonction à Clichy. En 2012, c'est un tout autre équipement qui est sorti de terre : le commissariat de police, qui a été inauguré par Claude Guéant, ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy. Cette promesse là a en revanche bel et bien été tenue.

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