Site de rencontres Meetic Adopteunmec
Site de rencontres Meetic Adopteunmec © MaxPPP

Treize sites internet de rencontre sont pointés du doigt par la CNIL. La Commission Informatique et Libertés leur reproche de ne pas assez protéger les données personnelles et sensibles de leurs clients.

Décidément, la Commission nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) ne chôme pas cet été. Après avoir [dénoncé les pratiques du vendeur d'éléctroménager Boulanger et de son fichier client](Treize sites internet de rencontre sont pointés du doigt par la CNIL. La Commission Informatique et Libertés leur reproche de ne pas assez protéger les données personnelles et sensibles de leurs clients. ), le gendarme d'internet s'attaque maintenant aux sites de rencontre.

Huit entreprises et treize sites rappellés à l'ordre

"Meetic", "Attractive World" et "Adopte un mec" sont sur la liste noire de la CNIL, de même que "Easyflirt", "Rencontre obèse", Destidyll", "Forcegay", "Mektoube", "Jdream", "Feujworld", "Marmite love", "Gauche rencontre" et "Celibest".

La CNIL les a mis en demeure, et leur demande de modifier leurs pratiques de recueil d’informations sensibles sur leurs clients. Il faut dire que lorsque l’on s’inscrit sur ces sites, il faut fournir des données pour le moins intimes : classe sociale, appartenance ethnique ou religieuse, opinions politiques, localisation géographique, critères physiques, et même pratiques sexuelles. Tout cela est censé faire grimper l'alchimie entre deux partenaires potentiels.

Or, selon la CNIL, les sites "ne recueillent pas le consentement exprès des personnes pour la collecte de données sensibles ". Pour y remédier, la Commission suggère de créer une case à cocher, pour que les utilisateurs prennent conscience des informations très personnelles qu’ils acceptent de donner.

Les explications de Wassila Guitoune

Inscrit un jour, fiché pour toujours

Si vous réussissez à trouver le grand amour via ces sites, eux ne vous oublient pas pour autant. C’est l’un des autres griefs évoqué par la CNIL. Les entreprises concernées ne supprimeraient pas les données de leurs membres qui ont pourtant demandé leur désinscription, ni de ceux qui ne se servent plus depuis belle lurette des services des agences matrimoniales en ligne.

Enfin, la CNIL regrette que les internautes ne soient pas suffisamment informés de leurs doits, ni des conditions dans lesquelles les cookies sont déposées sur leur ordinateur.

Le mea culpa en demi-teinte du leader du secteur

Dans un communiqué transmis à l’Agence France Presse, la société Meetic assure que "la sécurité de nos données a toujours été une de nos préoccupations principales ". "On est confiant sur la qualité de notre dispositif et on a toujours respecté nos clients, mais on va bien sûr entamer un dialogue avec la CNIL pour perfectionner encore notre service ".

Les huit sociétés incriminées ont trois mois pour se conformer aux demandes de la CNIL, sinon elles risquent jusqu'à 150.000 euros d'amende. Le gendarme d’internet a par ailleurs mis en ligne une série de conseils aux internautes pour qu’ils protègent leur vie privée sur les supports numériques.

Ces conseils sont d'autant plus d'actualité qu'il y a dix jours, le site américain de rencontres adultères Ashley Madison s'est fait piraté. Ses 37 millions d'abonnés ont ainsi vu leur identité et leurs fantasmes divulgués.

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