Mardi dernier, dans l'émission d'Ali Rebeihi consacré aux relations que deux partenaires entretiennent après une rupture, Sophie Cadalen s'est penchée sur une question que beaucoup se posent un jour ou l'autre : Comment éviter la guerre avec son ex ?

Quand le corps ne frémit plus et que la tête se remet à l’endroit, pourquoi perdre tant d’énergie à se déchirer, à se haïr ?
Quand le corps ne frémit plus et que la tête se remet à l’endroit, pourquoi perdre tant d’énergie à se déchirer, à se haïr ? © Getty

En n’ayant pas d’ex !

Une apologie de l’amour unique ? Non. Rester ensemble n’assure pas de s’aimer toujours ni de cohabiter en paix. La seule vraie façon de ne pas avoir d’ex, et donc de ne pas être en guerre, c’est de ne pas avoir de relations du tout. Pas de mari ou de femme, pas de compagnon, d’amant ni d’amante, pas de sex friend, même pas d’amis ! Parce que même les amis peuvent devenir des ex, des ex-amis, avec lesquels on peut être en guerre – plus froide généralement la Guerre.

C’est en évitant les autres - et l’Autre - qu’on s’épargnera pas mal de conflits et d’inconfort.

On pourrait essayer d’être méthodique en amour pour se prévenir des fiascos. On ferait consciencieusement le tour de l’autre, de soi, de nos perspectives. On s’accorderait sur ce que chacun projette éventuellement d’une éventuelle relation. On s’essaierait, selon un protocole défini au préalable. Avant de se déclarer – ou pas – en couple. On pourrait même poser à l’avance les termes de notre séparation, si séparation il devait y avoir.

On pourrait… mais ça ne fonctionne pas ainsi !

Nos attirances ayant ceci d’effrayant et d’enivrant qu’elles nous mettent le corps en vrille et la tête à l’envers. Difficile alors de respecter le plan. Et quand le corps ne frémit plus et que la tête se remet à l’endroit, pourquoi perdre tant d’énergie à se déchirer, à se haïr ?
Parce que c’est difficile de rompre le lien. C’est tentant de prolonger la romance par des batailles et des règlements de comptes – chacun ayant bien sûr sa comptabilité propre – parce que ça anime, parce que ça occupe.

Parce que l’autre, le salaud, est pratique pour éviter l’introspection.

Parce que c’est rassurant d’exister encore pour quelqu’un, même de façon déplorable, tellement nous avons peur d’être renvoyés au néant.

Ou alors on suit le conseil de Barbara :

C’est parce que je t’aime que je préfère m’en aller                      
Car il faut savoir se quitter avant que meure le temps d’aimer

On se quitte donc, telle est l’idée, quand tout va bien ! Un joli projet qui, pour garantir la fin paisible de notre histoire, réclame le plein consentement de notre partenaire… que je n’imagine pas acquis.

Et Barbara le chante toujours : c’est parce qu’elle a peur de voir s’endeuiller les heures, les minutes, les secondes passées, parce qu’elle sait qu’il faut un presque rien pour défaire une nuit et se perdre au matin… qu’elle interrompt l’idylle.

Le mot est lâché : c’est la peur le problème.

La peur de l’issue qu’on ne peut deviner. Aimer, c’est plonger dans l’ignorance de ce qu’il en sera de nous, et comment nous nous comporterons au fil de ce « nous »... et à sa fin.

Pour pallier cette ignorance, là comme partout, on veut des méthodes pour faire la bonne rencontre, pour s’aimer bien et se quitter comme il faut. On veut aimer sans les désordres de l’amour quand l’amour même est affaire de dérangements.

De cette aventure on ne sait que le risque : celui de l’attachement et d’un éventuel désenchantement.

Alors on prend ce risque, et on choisit Eros ? Ou on se préserve à tout prix ? Au prix d’une vie pas trop vivante, Thanatos étant de toute façon au bout du chemin 

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