Suivant la vague de témoignages sur des faits d'inceste ou autour du #MeTooGay, de nombreux comptes féministes posant cette question ont été bloqués par le réseau social.

Ce tweet a valu à son autrice une suspension de compte pendant 12h et une réactivation à condition de supprimer le message en question.
Ce tweet a valu à son autrice une suspension de compte pendant 12h et une réactivation à condition de supprimer le message en question. © Capture d'écran

C'est un tweet qui a mis le feu aux poudres. Posté, il y a quelques jours, par @Melusine_2, militante féministe et anti-raciste. Elle s'y interrogeait sur les violences sexuelles contre les femmes, les enfants, les hommes gays, après une nouvelle vague de révélations (affaire Duhamel, hashtag #MeTooGay). Et terminait par cette question : "Comment fait-on pour que les hommes cessent de violer?" Sauf que ce tweet a valu à son autrice une suspension de compte pendant 12h et une réactivation à condition de supprimer le message en question, comme le rapporte le collectif #NousToutes. 

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"Twitter m’a forcée à supprimer le tweet et m’a sanctionnée pour l’avoir écrit, en me privant d’accès à mon compte pendant douze heures. Pourtant, ce tweet ne contient ni propos insultants ou outranciers, ni appels à la violence", a déploré @Melusine_2 sur son compte.

D'autant qu'elle n'a pas été la seule a être bloquée pour avoir posté cette question : d'autres utilisatrices du réseau social, qui avaient tweeté le même message, ont subi la même sanction. Depuis, cette position de la plateforme est vivement critiquée. 

Une question "nécessaire et urgente"

"Depuis 24h, des comptes féministes sont suspendus par Twitter France pour avoir posé cette question nécessaire et urgente : Comment fait-on pour que les hommes cessent de violer ? On se la posera tant qu'on n'aura pas la réponse", lance par exemple la philosophe Camille Froidevaux-Metterie sur son propre compte.

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Pourtant, comme le rappelle Caroline de Haas et plusieurs autres comptes, "les violences sexistes et sexuelles sont commises en immense majorité par des hommes ; c’est une réalité"

"94% des viols sont commis par des hommes, lutter contre le viol, c'est d'abord lutter contre les viols commis par les hommes. Les hommes doivent se sentir concernés et réagir", note une autre utilisatrice du réseau. "96% des auteurs d'inceste sont des hommes", souligne encore le dessinateur Marc Dubuisson, qui cite un article du journal Le Monde.

Pas de réaction de Twitter

Beaucoup ont reproché à Twitter de vouloir "faire taire les femmes" en suspendant les comptes, alors même que des messages insultants, offensants et des comptes très agressifs ou menaçant étaient toujours en ligne sur le réseau. Interpellé, Twitter France n'a pas donné d'explications sur cette modération. 

Certains utilisateurs hommes du réseau ont également fait valoir le fait qu'il y avait "des" hommes violeurs et agresseurs sexuels et qu'il ne s'agissait pas de tous les hommes et qu'il ne fallait pas "mettre tous les hommes dans le même sac". Un argument maintes fois balayé par les militants et militantes féministes comme la journaliste Victoire Tuaillon : 

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Ou bien encore, de façon humoristique, dans cette mini-BD du dessinateur Loïc Sécheresse :  

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Mise à jour

Twitter a répondu à Numérama et a reconnu une "erreur" qui serait due à "l’automatisation afin de prendre plus de mesures sur les contenus potentiellement abusifs et manipulateurs". Les comptes, dit Twitter, ont été rétablis.