C'est à l'occasion de luttes ouvrières que la journée internationale des femmes a été créée. Elle a été proposée par Clara Zetkin, présidente de l'Internationale socialiste des femmes à Copenhague en 1910.

Clara Zetkin
Clara Zetkin © Domaine Public

L'idée de décréter une journée en faveur des femmes n'est pas nouvelle. En 1909, les États-Unis, sous impulsion du parti socialiste, célèbrent une première Journée nationale des femmes, le 28 février. Ce rendez-vous annuel prit fin en 1913. Entre temps, le mouvement est devenu international, adopté par 17 pays, à l'appel de Clara Zetkin à Copenhague. Enseignante, journaliste et militante marxiste allemande, elle est une figure historique du féminisme socialiste.

La fausse information du 8 mars 1857 

Jusque dans les années 70 on a pensé que le 8 mars avait commencé en 1857 avec les couturières new-yorkaises. En fait, comme l'explique le CNRS, cette journée du 8 mars 1957 n'a jamais existé ! L'historienne Françoise Picq avait révélé que cette manifestation, dont les journaux américains n'ont jamais fait mention, avait été reprise et diffusée par la presse d'extrême-gauche et féministe. 

En 1999 l'Humanité a mené sa propre enquête pour éclaircir cette affaire de fake news avant l'heure. C'est un  article de 1955, qui évoque une manifestation de couturières en lutte contre la journée de 10 h 00 et pour la légalité de leur travail. Cet événement  aurait fait grande impression en 1857, aurait été repris en 1909 toujours à New-York. Des historiens ont eux aussi évoqué le soulèvement de 20 000 femmes, couturières de corsage. Finalement l'Humanité à rendu à Clara Zetkin ce qui lui appartenait. 

Les droits des femmes est une lutte de classe et une fête des mères

Lorsque la IIe conférence internationale des femmes socialistes s'est réunie à Copenhague, à l’initiative de Clara Zetkin, l'appel qui est lancé consiste à mobiliser les femmes "en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe". C'est une lutte d'ouvrières contre la bourgeoisie (et même les bourgeoises) qui anime alors les femmes socialistes. Cet appel est donc lancé en 1910. Et en 1911 la première Journée internationale des femmes se déroule simultanément en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, le 19 mars : plus d'un million de femmes manifestent dans les rues. Elles réclament le droit de vote, le droit d'entrer dans la fonction publique, le droit à la formation et la fin des discriminations professionnelles. 

Le 8 mars 1917 à Petrograd, les ouvrières bolcheviques choisissent officiellement ce jour comme étant le premier de la révolution contre le tsar. Stéphanie Arc, dans le journal du CNRS, explique que "le 8-mars sera dès lors l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes (où elle s’apparente à la fête des mères !)".

Les femmes russes réclament "du pain et la paix", en réaction aux deux millions de soldats russes tués pendant la guerre. Lorsque le tsar tombe elles obtiennent le droit de vote, bien avant les Françaises, et après l'Australie, la Finlande, le Danemark et la Norvège.

L'égalité femmes-hommes depuis 1945

En 1945 est adoptée la Charte de l'ONU qui pose les bases de l'égalité entre les femmes et les hommes au plan international. Quelques dates suivront qui marquent les jalons de l'institutionnalisation de cette journée. Mais il faut attendre 1995 pour que les gouvernements adoptent un programme d'action en faveur des femmes et des filles. 

[] 1975 : décrétée Année internationale de la femme. Les Nations Unies décident d'officialiser le 8 mars, Journée internationale des femmes.

[] 1995 :  4e Conférence mondiale sur les femmes à Pékin. 189 gouvernements adoptent un programme d'action en faveur des droits de chaque femme et chaque fille en matière de liberté, de choix, d'éducation, de pouvoir et d'égalité de salaire. La "sexospécificité" doit s'assurer que l'égalité hommes femmes est une priorité dans  tous  les domaines de développement économique et social.

[] 2014 : L'organe intergouvernemental mondial, la Commission de la condition de  la femme (CSW) dresse un tableau de l'avancée des OMD, Objectifs du  Millénaire pour le développement sur l'égalité des sexes et  l'autonomisation des femmes. Pauvreté, absence de parcours scolaire, environnement, ces objectifs visent à éliminer les principaux fléaux, puisque ce sont les femmes et leurs enfants les premières victimes.

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