S'il a renoncé à l'idée de supprimer l'ENA, Emmanuel Macron veut plus de diversité dans les écoles d'administration. Le nombre de "prépas talents" va doubler et de nouvelles places aux concours de la haute fonction publique créées. Elles seront réservées aux étudiants issus de milieux de modeste.

Emmanuel Macron présentait ce jeudi 11 février, à l'IRA de Nantes, la filière "Prépa Talents".
Emmanuel Macron présentait ce jeudi 11 février, à l'IRA de Nantes, la filière "Prépa Talents". © AFP / DAMIEN MEYER / POOL

Le constat fait par le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques est implacable : "La proportion d'élèves de l'École nationale d'administration (ENA) en 2019 ayant un père ouvrier est de 1%." Le manque de diversité sociale dans les écoles formant les hauts fonctionnaires est indéniable. Si Emmanuel Macron a enterré l'idée de supprimer l'ENA, comme il en fut question après la crise des gilets jaunes, il souhaite permettre à des jeunes d'origine modeste ou venus de quartiers défavorisés d'entrer dans les plus grandes écoles d'administration du pays. "On a besoin de casser l'entre-soi, les corporatismes. Aujourd'hui, c'est une première étape : c'est de changer qui sont les hauts fonctionnaires", expliquait ce jeudi matin la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin sur BFMTV.

En déplacement à l'Institut régional d'administration de Nantes ce jeudi, le président la République présentait la filière "Prépas Talents", des classes préparatoires réservées "aux étudiants boursiers les plus méritants", précise le ministère, pour préparer les concours. Une expérimentation a déjà été lancée à la rentrée 2020, mais elle doit s'étendre en 2021. Mode d'emploi.

Quels jeunes y ont accès ?

Les jeunes bénéficiaires des "Prépas Talents" seront recrutés à la fois sur critères sociaux et sur leur dossier scolaire. L'accès est réservé aux boursiers, donc sous conditions de ressources. Les étudiants devront également présenter un dossier et seront soumis à un "entretien tenant compte du parcours du candidat, de ses aptitudes, de sa motivation et de son potentiel", précise le ministère. Le but ? Diversifier les origines sociales chez les hauts fonctionnaires. "On doit avoir une fonction publique qui corresponde plus à notre pays", estime Emmanuel Macron.

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Combien de places ?

En 2020, 700 places étaient disponibles dans ces "Prépas Talents". À la rentrée 2021, 1.000 places supplémentaires seront créées, a annoncé Emmanuel Macron. Intégrées à des écoles de service public, des universités, des instituts d'études politiques ou à des classes préparatoires déjà existantes, on en compte aujourd'hui une quarantaine. "On va plus que doubler les classes en prépa talents parce qu'on y croit", s'engage le chef de l'État qui précise qu'il y en aura "au moins deux par région". La Normandie, le Centre-Val-de-Loire ou encore la Martinique n'en disposent pas pour l'instant.

Quels concours sont concernés ?

En plus des concours classiques, six "concours talents" vont être créés. Il s'agit du même concours, mais réservé aux élèves des classes prépa talents. "Le nombre de places dédiées à ce concours sera compris entre _10 et 15% des places offertes aux concours externes_, soit par exemple 6 places pour le concours de l’ENA ou 5 places pour le concours de commissaire de police." Ces places seront créées en supplément des places déjà existantes dans les concours classiques.

Cinq écoles et six concours sont concernés : 

  • L'École nationale d'administration (ENA)
  • L'Institut national des études territoriales pour le concours d'administrateur territorial
  • L'École des hautes études de santé publique pour les concours de directeur d'hôpital et de directeur des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux
  • L'École nationale supérieur de la police pour le concours de commissaire de police
  • L'École nationale de l'administration pénitentiaire pour le concours de directeur des services pénitentiaires

Par ailleurs, une bourse de 4.000 euros pourra être accordée "aux jeunes qui en ont besoin", a annoncé Emmanuel Macron, "pour les aider à accéder aux concours de la fonction publique". Elle est actuellement de 2.000 euros.

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Enfin, le chef de l'État a évoqué le dispositif "Cordées du service public", un programme qui démarre dès le collège et se poursuit au lycée, destiné en priorité aux élèves scolarisés en éducation prioritaire, ou résidant un quartier prioritaire ou dans une zone rurale et isolée. "Les participants bénéficient d'un conseil en orientation personnalisé" et sont accompagnés des élèves des écoles de service public ou des fonctionnaires qui font office de tuteurs. "Le nombre d’élèves soutenus (par an) passera de 80 000 à 200 000 d’ici 2022", précise Emmanuel Macron.