Plus de soldats de Sentinelle seront en renfort samedi pour assurer la sécurité publique lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Paris. Objectif : éviter les débordements de la semaine dernière. Mais pour l'opposition ce n'est pas le métier des soldats de faire du maintien de l'ordre.

Les militaires de la force Sentinelle seront déployés samedi à Paris
Les militaires de la force Sentinelle seront déployés samedi à Paris © AFP / IAN LANGSDON / POOL

Le ministre de l'Intérieur a exigé jeudi du nouveau préfet de police de Paris qu'il applique le principe de "l'impunité zéro" lors des prochaines manifestations de "gilets jaunes", après les émeutes de samedi dernier qui ont coûté son poste à Michel Delpuech, le précédent préfet. 

Le chef de l'État a annoncé mercredi en conseil des ministres une "mobilisation renforcée" de la mission renforcée Sentinelle pour sécuriser certains sites. Le but est de "permettre aux forces de l'ordre" de se concentrer sur le maintien et le rétablissement de l'ordre.

Avec leur seul fusil d'assaut comme équipement, ces soldats ne seront jamais en première ligne. Il faudrait qu'on leur tire dessus pour qu'ils ripostent ou qu'on les agresse avec des armes blanches ou qu'on leur fonce dessus avec un véhicule... Ce qui est d'ailleurs déjà arrivé.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est exprimé devant les policiers ce matin lors de l'installation du nouveau préfet de police de Paris. Et il a voulu rassurer les forces de l'ordre. 

Vous pourrez vous appuyer sur les militaires de Sentinelle qui ne devront en aucun cas assurer des missions de maintien de l'ordre a assuré Christophe Castaner.

En réalité, comme le 8 décembre dernier, les unités Sentinelle seront plus nombreuses que d'habitude sur le terrain pour patrouiller dans des quartiers où se trouvent des bâtiments officiels, et pas seulement à Paris.

Au lieu d'avoir en permanence par exemple, en position statique, trois fourgons de CRS ou de gendarmes mobiles pour les sites les plus sensibles, il n'y en aura que deux, auxquels seront ajoutés un ou deux véhicules de Sentinelle dans les parages.
L'idée est de récupérer un certain nombre de forces selon l'entourage du ministre. Ces forces iront, elles, faire du maintien de l'ordre et de l'intervention si les manifestations dégénèrent.

Les militaires de Sentinelle seront également chargés de donner l'alerte au cas où ce serait nécessaire, en attendant des renforts de police ou de gendarmerie.

Réactions en chaîne

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a réagi à cette annonce dans un communiqué :

En confiant à l'armée des missions, même limitées, de maintien de l'ordre, le gouvernement prend un risque majeur et porte gravement atteinte aux libertés publiques 

"Confier à des militaires la charge de s'opposer éventuellement à des manifestants revient à transformer ces derniers en ennemis. C'est la paix civile que le gouvernement met en péril", a-t-elle ajouté.

Un point de vue partagé par des spécialistes des questions de défense et de sécurité comme Alain Bauer, pour qui "il faut faire attention avec les symboles" a-t-il dit dans le cadre de l'émission "C dans l'air" sur La Cinq : 

Ce n'est pas parce que l'on est inexpérimenté et totalement inculte en matière de maintien de l'ordre qu'il faut faire n'importe quoi ! a lancé Alain Bauer

La perspective de l'emploi de militaires a donné lieu à des échanges musclés mercredi soir sur BFM TV entre François Bayrou (MoDem), Olivier Faure (PS), Stanislas Guerini (LaREM), Marine Le Pen (RN), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Laurent Wauquiez (LR).  

L’armée, on l’envoie contre des ennemis ! Pas contre les Français ! a déclaré Marine Le Pen, se rangeant de facto dans le même camp que Jean-Luc Mélenchon

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