En deux semaines, plus de 5.000 vétérinaires ont répondu à un appel commun des ministères de la Santé et de l'Agriculture, pour rejoindre la réserve sanitaire. Des professionnels qui peuvent aussi fournir une partie de leur matériel, puisqu'il est souvent plus ou moins le même que pour les humains...

Un vétérinaire de Mulhouse dans sa clinique le 31/03/2020 (illustration)
Un vétérinaire de Mulhouse dans sa clinique le 31/03/2020 (illustration) © Maxppp / Darek SZUSTER/PHOTOPQR/L'ALSACE

Il y a peu de chances que, si vous attrapez le Covid-19, vous soyez directement soigné par un vétérinaire. Mais ces derniers, invités il y a deux semaines à venir prêter main-forte aux soignants, ont beaucoup à apporter. Et ils sont nombreux : 5.000 sont volontaires (sur les 18.000 que compte leur ordre en France).

Les respirateurs sont les mêmes pour les animaux et les humains

Le premier coup de main qu'ils ont fourni ces deux dernières semaines est matériel. Comme l'explique Bruno Tessier, président des vétérinaires d'Ile-de-France, les vétérinaires ont fourni aux hôpitaux "tout ce qui était prêtable". Cela inclut des respirateurs (ceux utilisés sur les animaux sont des respirateurs classiques modifiés) et des pousse-seringues, "indispensables" pour les lits en réanimation. Sans oublier du matériel plus classique : blouses, masques, moniteurs pour surveiller taux d'oxygène et pression artérielle.

Les médecins des animaux ont également fourni des concentrateurs d'oxygène aux Ehpad, où ils peuvent être utiles pour "fournir un air enrichi en oxygène" dans "certaines salles pour personnes âgées".

Des labos qui pourraient servir pour les tests

Autre avantage potentiel de cette mobilisation des vétérinaires, la possibilité d'effectuer plus de dépistages du Covid-19. Pour l'Académie vétérinaire de France, on pourrait améliorer la détection du virus en utilisant les compétences des producteurs de tests pour animaux et les laboratoires des cabinets.

Le problème, pour l'instant, c'est que c'est interdit. "Un laboratoire vétérinaire n'a pas le droit de faire des tests quand c'est un produit d'origine humaine", explique Jeanne Brugère-Picoux de l'Académie nationale de médecine. Pourtant, "70% des maladies sont communes à l'homme et l'animal". Cette interdiction n'existe pas en Allemagne, en Belgique ou en Italie, par exemple, et l'Académie nationale de médecine a déjà demandé une autorisation exceptionnelle.

Des compétences techniques non négligeables

Les vétérinaires mobilisés pourront également aider dans certaines tâches. Bien entendu, traiter des humains n'est pas toujours dans leurs cordes, mais les spécialistes des animaux peuvent donner des coups de main comme brancardiers, ou comme régulateurs téléphoniques. "On sait répondre à des personnes qui ont des symptômes de coronavirus, faire des interrogatoires médicaux puis faire le tri et prendre une décision", explique ainsi Bruno Tessier.

Bref, l'idée est de "venir en soutien du premier rang, car c'est compliqué pour les vétérinaires d'être en première ligne. On n'est pas des médecins de médecine humaine. On se tient à la disposition de l'ARS qui jugera de nos compétences."

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