Paris organise vendredi une journée de sensibilisation contre les violences et les discriminations subies par les personnes de forte corpulence. Une "grossophobie" dont la dénonciation devient plus présente dans les médias.

Les personnes obèses sont victimes de discrimination dans la rue, mais aussi à l'emploi et parfois par le corps médical.
Les personnes obèses sont victimes de discrimination dans la rue, mais aussi à l'emploi et parfois par le corps médical. © AFP / BORIS ROESSLER / DPA

Insultes, manque de considération par le corps médical, discriminations au travail ou à l'école... Les témoignages de situations où des personnes obèses sont humiliées au quotidien ne manquent pas sur les réseaux sociaux. Pour lutter contre ce comportement, appelé grossophobie, Paris organise ce vendredi une journée contre les violences et les discriminations grossophobes.

Militant.e.s, associations, institutions, médecins, mais aussi activistes et blogueur.se.s se réunissent pour dénoncer les attitudes ouvertement négatives, voire discriminatoires, que subissent les personnes de forte corpulence.

Parmi elles, Gabrielle Deydier, que Géraldine Hallot a pu rencontrer. Autrice de On ne naît pas grosse, on le devient, cette jeune femme est saluée sur internet et dans les médias pour son discours "body-positif" et informatif.

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Par Géraldine Hallot

Paresse, lenteur, manque d'hygiène

Au-delà des insultes de la part d'inconnus qui peuvent survenir n'importe quand, les personnes de forte corpulence doivent aussi subir des injonctions à maigrir, du harcèlement, de la part de leurs proches, dans le milieu professionnel ou de la part du corps médical. Leur situation, dont la cause peut aussi bien être un dérèglement physiologique qu'un trouble psychique ou un traumatisme, s'illustre de manière "systémique et globale", écrit la Ville de Paris, "à travers les stéréotypes véhiculés" : "paresse, lenteur, manque d'hygiène, de volonté, de dynamisme ou de contrôle de soi."

Pour sensibiliser à ce problème, le collectif Gras politique diffuse plusieurs éléments à destination des personnes discriminées, telles qu'une "safe list" de médecins engagés contre la "grossophobie", ou encore un kit de lutte contre les discriminations.

Dans leur "précis de lutte contre la grossophobie", les membres rappellent que "33 % des chômeurs et des chômeuses" concerné.e.s déclarent avoir souffert de "discrimination à l'embauche" sur des critères liés à leur corpulence. Le collectif cite également une étude anglaise, publiée en 2016, démontrant un niveau de salaire inférieur à celui proposé aux travailleurs "au poids normé"

Gras politique appelle notamment l'entourage des personnes obèses à ne pas s'improviser soignant ou prodiguer de conseils pour inciter à perdre du poids sans avoir reçu de requête de leur interlocuteur, ni présumer de l'état de santé d'une personne, de son intelligence, de son caractère ou de ses capacités en fonction de son poids.

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