Septembre en or, c'est le mois consacré à la mobilisation contre le cancer de l'enfant. Les traitements guérissent aujourd'hui 70% de ces enfants, mais ils sont souvent lourds d'effets secondaires et peuvent conduire à la stérilité. On peut tenter de l'éviter.

2.500 enfants et adolescents ont un diagnostic de cancer chaque année en France
2.500 enfants et adolescents ont un diagnostic de cancer chaque année en France © Radio France / getty

Chaque année, en France, 2 500 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer et 500 en meurent. Un enfant sur 440 développe un cancer avant l’âge de 15 ans. Les traitements actuels en guérissent plus de 80% à cinq ans et 70% à long terme, mais les effets secondaires, on le sait, peuvent être redoutables, et les laisser stériles. C'est le cas notamment quand les doses de certaines chimiothérapies sont très fortes ou quand le traitement implique une radiothérapie qui va toucher la région ovarienne ou testiculaire.

Congélation de tissus

Dans ces cas-là, qui sont assez identifiés, une préservation de la fertilité avant d'attaquer le traitement anti-cancer est systématiquement proposée. Si le patient est déjà pubère, on prélèvera et congèlera son sperme ou ses ovocytes. S'il n'est pas pubère, ce sera un peu plus compliqué, mais néanmoins possible explique le docteur Lise Duranteau, endocrinologue-gynécologue et référente de la plateforme de préservation de la fertilité des enfants et des adolescents à l'APHP-Hopitaux de Paris : "Chez l'enfant prépubère, il va falloir retirer du tissu ovarien ou testiculaire. Chez la fille, le plus souvent, on va retirer l'ovaire entier, et chez le garçon un morceau de tissu testiculaire, comme un quartier d'orange, par chirurgie", explique-t-elle.  

Elle précise : "Ces tissus et ovaires vont être préparés pour être congelés, et _on les réimplantera à l'enfant devenu grand_, quand il décidera de procréer. L'hypothèse qu'on fait c'est que ces tissus immatures, une fois réimplantés, vont reprendre le cours de leur évolution et être capable de fournir ce qu'il faut. Chez les femmes, des ovocytes matures".

Une efficacité encore incertaine

Ces procédures sont encore expérimentales, et récentes, par conséquent il n'y a pas encore eu de réimplantations et de grossesses. Bref, c'est prometteur mais on ne sait pas encore dans quelle mesure ce sera efficace. Pour les patients qui ne présentaient pas autant de risques et dont la préservation n'aurait pas été réalisée, un suivi devra être fait pendant et même des années après la puberté car les traitements, sans conduire à une totale stérilité, peuvent altérer la réserve ovarienne ou la qualité du sperme. Une jeune femme ayant eu un cancer risquera ainsi d'avoir une réserve qui s'épuise plus vite que la moyenne, et de se retrouver à 30 ans dans l'incapacité de procréer. On peut, si on la surveille bien, prévenir ce risque et lui proposer, tôt, une conservation de ses ovocytes.

La plupart du temps, on ne sait pas dire avec une grande précision les risques réellement encourus par les traitements anti-cancer sur la fertilité, mais depuis dix ans, le risque et la possibilité d'une préservation sont systématiquement exposés au patient et à ses parents.

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