Des médecins lancent un appel à la suite de l'enquête Ipsos révélant que de 46 % des garçons et 28 % des filles entre 14 et 24 ans ont déjà vu du porno. Ils s'emparent de la question car, dans leurs cabinets, ils reçoivent de jeunes patients victimes de nombreuses dérives dues justement à ce phénomène.

Comment protéger nos enfants contre les dangers de la pornographie ?
Comment protéger nos enfants contre les dangers de la pornographie ? © Getty / Steve McAlister

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens a tenu ce vendredi matin un colloque sur la question du porno et des jeunes. Il publie un rapport sur le sujet.

Le docteur Ghada Hatem est gynécologue en Seine-Saint-Denis. Invitée du journal de 13 heures de Frédéric Métézeau ce 16 juin 2018, elle affirme que garçons et filles sont concernés par le problème à double titre. 

Les filles veulent être dans "la norme"

Nous sommes confrontés à des jeunes filles qui vivent des violences sexuelles car les images pornographiques qui montrent de la sexualité dominante, violente, deviennent la norme. Elles se sentent obligées de se conformer à cette norme de peur d'être ridicules.

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Comment protéger nos enfants de la pornographie ?

Par Frédéric Métézeau

Par ailleurs, selon le médecin, des jeunes femmes demandent à rectifier leur sexe car elles veulent avoir une vulve qui ressemble à celle des actrices porno, qui sont souvent des images retouchées ou des actrices prépubères.

Les garçons ont une vision biaisée de la femme

Les garçons se comparent également aux acteurs pornos et cela génère chez eux une grande angoisse, selon le docteur Ghada Hatem. 

Par ailleurs, ces images sur internet leur donnent une sorte d'autorisation morale : c'est comme cela que l'on fait l'amour, que je dois être violent, que la sodomie est le mieux, que la fille va dire non mais en fait elle dit oui, etc.

Les parents aussi ont parfois une vision de la sexualité biaisée

Le docteur Ghada Hatem intervient pour des sessions d'information dans les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis. Selon elle, parfois, des parents refusent que leur enfant assiste aux interventions des médecins dans leur collège ou leur lycée, au prétexte que les médecins défendent une sexualité épanouie, qu'ils vont pousser les filles à devenir des prostituées ou encore qu'ils vont pousser les garçons à se masturber tout le temps. 

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