Pourquoi faut-il décélérer ? Comment aller moins vite ? Comment retrouver du temps pour soi ? Comment se déconnecter des smartphones et des réseaux sociaux ?

Comment ralentir ?
Comment ralentir ? © Getty / ImagesBazaar

C’est comment qu’on freine ? Dans un monde qui court de plus en plus vite, comment résister ? Quelques pistes évoquées dans l’émission Des idées pour demain de Valère Corréard avec Gilles Vernet, ex-trader devenu enseignant, Michaël Stora, psychologue, et Gaëlle Coudert, rédactrice en chef d’ID (L’info durable).

Pourquoi ralentir ? 

Parce qu’on ne va pas pouvoir continuer sans cesse. Parce que, s’il n’y veille pas, sollicité de toute part, l’individu n’a plus de pause. Il ne s’ennuie plus jamais. Or c’est vital pour le cerveau, et pour le corps humain, de souffler et de se recentrer. Parce que « attends » et « dépêche-toi » sont les mots les plus entendus par nos enfants. Et aussi parce que l’injonction de vitesse met une pression et rend les gens malheureux.

Comment faire ? 

D’abord lutter contre un véritable frein : la culpabilité, une notion reliée à l’idée de la performance. On pense qu’aller vite et qu’être actif tout le temps, c’est être performant. Pour accepter de prendre son temps, d’être tranquille sans culpabiliser, il faut peut-être se dire qu’un jour, on va mourir donc il vaut mieux profiter du temps tant qu’il est là, et tant qu’on est là ! 

Se déconnecter 

Pour dégager du temps dans notre quotidien, il faut peut-être passer moins de temps sur nos téléphones portables et sur les réseaux sociaux, terriblement chronophages. D’autant qu’ils participent à la pression.

Comment ? En prenant conscience que tout ce temps passé sur l’écran ne sert qu’à combler un vide et surtout une peur de se retrouver face à soi, à ses pensées. Or « N’ayez pas peur de ce que vous êtes» nous dit le psy. 

Tous collés à nos smartphone, on n’est même plus libre de se promener et de regarder autour de soi… Pour s’aider à couper le cordon d’avec le doudou numérique, paradoxalement, il existe des applications : Forest, Moments ou Space. Elles vont d’abord déterminer votre profil. Si elles estiment que vous vous ennuyez un peu trop et donc utilisez votre téléphone, elle vont vous fixer des objectifs de temps de déverrouillage. L’avantage est que l’on prend conscience du temps véritablement passé dessus. 

Prendre du temps pour soi au milieu de toutes obligations 

On commence par abandonner ses « to do list » qui mettent la pression, et donnent l’impression qu’il y a toujours quelque chose à faire. 

On admet qu’on ne peut pas tout vivre ou tout faire, qu’il faut simplifier son existence. Cela consiste à choisir. On se prévoit moins d’activités. L’idée est de s’élaguer, de revoir ses priorités pour faire de la place aux choses importantes : les amis, une lecture, des jeux avec ses enfants…

Dans l’idée de choix : on accepte qu’on puisse ne pas être forcément disponible pour tout le monde tout le temps.

Méditer

La méditation se développe en France, même si quand elle est pratiquée dans l’entreprise, elle est suspectée d’exister pour accroitre les performances. Mais méditer permet de prendre conscience de nos limites humaines. Et en respirant on se connecte à son corps : on peut ressentir de la fatigue, ou de l’émotion que l’omniprésence des smartphones nous cachent. On arrive ensuite mieux à respecter son rythme et surtout à ne plus se faire embarquer par le celui des autres. A noter qu’il existe aussi des applications pour la méditation de pleine conscience comme Petit bambou.

Se défaire d’une idée reçue

Ralentir ça ne veut pas dire faire allez doucement. On peut aller vite tout en étant dans un processus général de ralentissement. 

Quels livres lire pour ralentir ? 

  • Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle explique comment se recentrer sur le moment présent. Il évoque un incessant bruit mental. La première chose à faire est de s’observer, pour mieux connaître son rythme, et se concentrer sur ce que l’on est en train de faire. Par exemple : si on se lave les mains, on peut se concentrer sur le geste, le bruit de l’eau, l’odeur du savon…
  • Lettres à Lucilius de Sénèque qui débute par L’Emploi du temps, dans le sens : « comment on emploie le temps ? ». Sénèque explique qu’on remet souvent la vie à plus tard. Or pendant ce temps elle s’en va. Il glisse aussi que souvent les gens se sentent redevable d’un cadeau qu’on leur fait mais jamais du temps qu’on leur a donné. Or c’est la seule chose qu’ils ne pourraient jamais nous rembourser ! 

ALLER + LOIN 

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