C'est vrai, on soigne de mieux en mieux certains cancers. Mais quel impact la maladie a-t-elle sur la qualité de vie des années plus tard ? C'est ce qu'a voulu savoir l'Institut national du cancer en commandant une étude, dont les résultats sont rendus publics ce mercredi.

Comment vit-on cinq ans après un cancer ? C'est ce qu'a voulu savoir l'institut national du cancer.
Comment vit-on cinq ans après un cancer ? C'est ce qu'a voulu savoir l'institut national du cancer. © AFP / BURGER / Phanie

L'Institut national du cancer a lancé l'étude sur plusieurs milliers de patients ayant eu des cancers dans 12 localisations différentes, parmi les plus courantes : sein, poumon, thyroïde, voies digestives... Cinq ans après le diagnostic, comment êtes vous physiquement, psychologiquement et économiquement ? La question leur a été posée. Résultat : l'impact de la maladie et de ses traitements demeure important, 5 ans après, sur tous les aspects de la vie.

A l'annonce des cancers déjà, tous n'avaient pas le même pronostic. Cinq ans plus tard, il y a eu des décès, des récidives aussi, sans surprise, plus fréquents dans les cancers du poumon que dans ceux de la thyroïde, réputés moins redoutables.

Globalement les 2 patients sur 3 se plaignent encore, cinq ans après leur maladie, de douleurs, de fatigue, de troubles de la vision ou de difficultés sexuelles consécutives à la maladie ou à ses traitements.

Emploi, sexualité, niveau de vie... toute une vie bouleversée

Un patient sur deux se dit très fatigué et se sent limité dans son activité physique... Économiquement, la situation n'est pas toujours rose non plus. Cinq ans après le diagnostic, un quart des patients ont vu ses revenus baisser parce qu'ils ont été contraints de réduire leur activité ou parce qu'ils sont au chômage. D'ailleurs, 20 % de ceux qui avaient un emploi ne travaillent plus.

La maladie peut être synonyme d’arrêt complet de revenus

Guérir du cancer mais mourir parfois professionnellement, c'est un grand classique, rappelle Anne-Sophie Tuszynski, fondatrice de l'association Cancer at work. "Les publics qui sont les plus fragilisés sont les catégories socio-professionnelles les plus défavorisées. Il y a aussi les indépendants et toutes ces personnes qui travaillent finalement seules, pour qui la maladie peut être synonyme d’arrêt complet de revenus. Cela m'inquiète dans la mesure où nos formes de travail tendent vers davantage d'indépendance.

On va être de plus en plus nombreux à être fragiles face à la maladie.

En France, sur 1 000 personnes qui apprennent chaque jour qu'elles ont un cancer 400 travaillent. L’étude montre aussi l'impact négatif sur l'image de soi. En effet, 5 ans après, 29 % des patients se disent gênés par leur apparence et 35 % se sentent moins attirants.

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