Des centaines de commerces touchés, des voitures brûlées, des équipements publics endommagés, la facture de la crise des "gilets jaunes" est lourde. Le Sénat s'interroge sur le bilan économique.

Vitrine de magasin détruite sur les Champs Elysées à Paris le 16 mars 2019
Vitrine de magasin détruite sur les Champs Elysées à Paris le 16 mars 2019 © AFP / Zakaria ABDELKAFI

Dégâts pour les commerces à Paris

Quelque 150 mètres cubes de déchets ont dû être ramassés à Paris où l'avenue des Champs-Élysées portait encore dimanche les stigmates des attaques de la veille : 80 enseignes ont été touchées, dont une vingtaine pillées ou victimes de départs d'incendie pour la seule journée de samedi.

Une réunion sera organisée lundi à Bercy afin de faire le point sur l'impact économique du mouvement des "gilets jaunes", et en particulier sur les violences sur les Champs-Élysées.  

La rencontre, prévue à 16h30, réunira des organisations patronales, les fédérations de commerçants et d'artisans, mais aussi les représentants des assureurs, d'hôteliers et de restaurateurs. Lors des réunions précédentes sur le même sujet pendant la crise des "gilets jaunes", le gouvernement a annoncé des mesures de soutien aux commerçants, sous forme d'étalement des charges sociales et des échéances de paiement des impôts mais aussi d'exonérations fiscales. Depuis le début du mouvement, certains commerçants ont vu leur chiffre d'affaires descendre en flèche.

Au niveau national, 4 000 commerces et entreprises sinistrés

Fin février, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, avait estimé à 0,2 point de croissance l'impact du mouvement des "gilets jaunes" sur l'économie française, jugeant ce coût "très élevé".

Les dégradations depuis le début du mouvement "représentent entre _170 millions et 180 millions d'euros de dégâts assurés_", selon Stéphane Pénet, directeur des assurances de dommages à la Fédération française des Assurances.

Ce montant concerne 10 000 déclarations de sinistres qui, pour les plus importantes, sont des dégradations, incendies de véhicules (environ 5 700) et près de 4 000 commerces et entreprises qui ont subi divers dégâts, allant du bris de glace à l'incendie. 

Mi-février, l’association France urbaine a, selon les remontées de ses adhérents, c’est-à-dire les grandes villes et métropoles françaises, estimé à 30 millions d’euros l’impact sur les finances des collectivités locales.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et Bruno Lemaire seront entendus mardi par le Sénat, "sur les moyens mis en place pour faire face à ces troubles et sur les conséquences de ces nouvelles dégradations sur la situation du commerce et l'attractivité économique de notre pays".

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