Pour Karine Lacombe, ce confinement instauré dans 16 départements dont ceux d'Île-de-France et des Hauts-de-France est un "compromis entre les contraintes sanitaires, sociales et économiques" mais il reste des angles à améliorer, "notamment sur le télétravail", juge Dominique Costagliola.

Karine Lacombe et Jean-Michel Constantin étaient les invités du 7/9 vendredi matin.
Karine Lacombe et Jean-Michel Constantin étaient les invités du 7/9 vendredi matin. © Radio France

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi soir un nouveau confinement de quatre semaines à partir de vendredi pour seize départements, dont Paris et sa région, face à la progression de l'épidémie de Covid-19. Outre l'Île-de-France, sont concernés : les Hauts-de-France, et les département des Alpes-Maritimes, de la Seine-Maritime et de l'Eure. Dans tout le pays, le couvre-feu est retardé à 19 heures. 

Dans les 16 départements, les commerces et rayons non essentiels devront restés fermés dès samedi. Les sorties, non limitées dans le temps, devront se faire dans un rayon de 10 km autour du domicile avec attestation. Le gouvernement insiste également sur la nécessité de télétravailler au moins 4 jours par semaine. Des mesures souvent jugées insuffisantes sur un plan purement médical par les épidémiologistes et infectiologues, mais équilibrées au regard des contraintes économiques et sociales. 

"Un compromis entre les contraintes sanitaires, sociales et économiques."

Karine Lacombe, infectiologue et épidémiologiste, cheffe de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), était l'invitée du 7/9 vendredi matin. 

"C'est un confinement moins strict que ce qu'on aurait pensé, probablement un bon compromis entre les contraintes sanitaires et les contraintes sociales et économiques, qui permet de conserver une vie sociale correcte, avec ces sorties possibles en plein air aussi longtemps qu'on veut. Mais ce type de confinement, lui tout seul, ne permettrait pas de juguler l'épidémie telle qu'on l'a maintenant. Elle est plus forte que ce qu'on avait lors du deuxième confinement. Aujourd'hui, il y a la promesse du vaccin et ça va tout changer. (...) Je ne dirais pas que l'épidémie est hors de contrôle, mais il était franchement temps de la freiner." 

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"Sur un point de vue hospitalier, un confinement dur aurait été plus intéressant."

Jean-Michel Constantin, chef du service anesthésie-réanimation à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (AP-HP), secrétaire général de la Société Française d’Anesthésie et Réanimation (SFAR), était l'invité du 7/9 vendredi matin. 

"C'est un confinement aéré ! On va pouvoir prendre l'air. Il y a un an, on arrêtait pas de critiquer en se disant 'Quel est le risque d'aller faire mon footing, je ne vais pas me contaminer ?'. On y est : là on a un confinement relativement intelligent et adapté. Sur un point de vue purement hospitalier, la cloche, un confinement dur, aurait été plus intéressant. Mais si on regarde sur un plan sanitaire, avec la santé mentale, l'économie, si l'on veut que ce soit respecté, c'est un compromis plutôt intelligent." 

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"Il reste des angles à améliorer, notamment sur le télétravail."

Dominique Costagliola est directrice adjointe de l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique (Inserm, Sorbonne-Université, AP-HP). 

"À vrai dire, j'ai été agréablement surprise par les mesures qui ont été proposées. Même s'il reste encore des angles sur lesquels on peut s'améliorer, notamment sur le télétravail. Il y a beaucoup d'entreprises qui avancent comme un âne qui recule sur ce genre de mesures, je pense qu'il faut être encore plus incitatifs. Les écoles, ça reste un problème depuis le départ et il faut quand même réfléchir à des solutions, y compris en utilisant d'autres locaux, afin de pouvoir dédoubler les classes. À mon avis, c'est quelque chose qui n'a pas été géré de façon raisonnable alors même que l'on voyait bien une augmentation sur la période récente des enfants qui contaminaient leur famille, or ils ont bien attrapé [le virus] quelque part. Je craignais que les mesures prises soient moins importantes, donc d'une certaine façon je suis contente de voir que des mesures susceptibles d'avoir un effet ont été prises. La durée, ma foi, on verra bien comment cela évolue." 

"C'est vraiment le minimum !"

Christine Rouzioux, professeur en virologie, directrice du laboratoire de virologie de l’hôpital Necker à Paris, a réagi aux annonces de Jean Castex dans le Téléphone sonne, jeudi soir. 

"C'est vraiment le minimum qu'on pouvait faire. Le Premier ministre s'est bien gardé de préciser le nombre de morts chaque jour, chaque semaine. Il a été très ambigu sur l'université, elle attend autre chose qu'une petite phrase comme ça, il n'a pas assez insisté concernant les dépistages dans les établissements scolaires. Ça va marcher, parce qu'on accélère la vaccination. Mais il va falloir un peu plus de temps que quatre semaines et il faut au minimum attendre fin avril pour avoir un résultat important. Je pense que j'aurais fait attention à certains départements où le variant anglais circule. Les régions où il y a peu de virus, il faut faire attention à ce qu'il y en ait plus. (...) Sur le télétravail, l'expression est ambiguë. Il faut que les entreprises prennent leurs responsabilités, fassent le maximum pour réduire le temps de travail sur place, respectent les quatre jours sur cinq." 

"Ces mesures devraient avoir un impact sur le variant anglais."

Anne-Claude Crémieux, infectiologue au service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Louis (AP-HP) de Paris était l'invitée de franceinfo vendredi matin. 

"C'est d'abord une décision imposée par le variant et son impact sanitaire sur les réanimations. Les autorités ne pouvaient pas faire autrement que d'augmenter les mesures de freinage. Nous avions déjà l'expérience anglaise qui nous montrait que des mesures de type couvre-feu étaient insuffisantes pour freiner le variant anglais alors qu'elles ont été parfaitement efficaces pour freiner les souches historiques. Il fallait des mesures supplémentaires, et ces mesures, pas si éloignées du confinement utilisé en Angleterre s'avèrent efficace ou, je l'espère, devraient avoir un impact sur le variant anglais. (...) On verra assez rapidement si c'est efficace : il y a un paramètre assez rapide, la diminution de la mobilité. Il faudra attendre dix jours pour observer la diminution des contaminations. L'impact sanitaire, sur les réanimations, se verra plus tard."  

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