Ils seraient actuellement environ 300 à dormir dans cette commune des Yvelines, certains dans des locaux associatifs, d'autres dans un campement sous les arbres. Les Tibétains y viennent depuis près de dix ans trouver de l'aide auprès d'une association.

Des tentes et des bâches entre Conflans-Sainte-Honorine et Neuville-sur-Oise, où dorment des dizaines de migrants tibétains
Des tentes et des bâches entre Conflans-Sainte-Honorine et Neuville-sur-Oise, où dorment des dizaines de migrants tibétains © Radio France / Delphine Evenou

L'association La Pierre Blanche a pour vocation de venir en aide aux plus démunis, mais elle est devenue au fil des années le point de repère des demandeurs d'asile tibétains. "Les premiers sont arrivés en 2011", se souvient Hugues Fresneau, le directeur de cette organisation chrétienne. Aujourd'hui, il en arrive une vingtaine par semaine, grâce au bouche à oreille. 

"Ici, ils nous donnent à manger, et nous aident beaucoup, alors les gens viennent et restent. C'est comme cela depuis toujours, alors j'ai suivi cette piste". Tenzin, 28 ans. 

L'association a une péniche, "Je sers", amarrée sur les bords de la Seine. Elle y héberge une cinquantaine de personnes, et reçoit des dizaines de migrants et quelques sans domicile fixe du secteur à déjeuner. Les personnes démunies peuvent aussi y trouver de quoi se vêtir. Mais l'association est débordée par la demande, et, si elle a mis également à disposition des locaux et sollicité des familles d'accueil, certains demandeurs d'asile se retrouvent sans solution de logement, bien que l'Etat soit dans l'obligation de les prendre en charge pendant l'instruction de leur dossier. 

Le campement des demandeurs d'asile tibétains, entre Conflans-Sainte-Honorine et Neuville-sur-Oise
Le campement des demandeurs d'asile tibétains, entre Conflans-Sainte-Honorine et Neuville-sur-Oise © Radio France / Delphine Evenou

Sur les bords de la Seine, le campement est surnommé la "Jungle"

Les campements se forment donc et se déforment, au gré des évacuations. Si la préfecture a proposé parfois des solutions de relogement, ce n'est pas toujours le cas. La mairie de Neuville-sur-Oise, commune sur laquelle un campement est installé (à cheval également sur la commune de Conflans-Sainte-Honorine), a prononcé le 26 avril 2019 une nouvelle mise en demeure d'évacuer les lieux "pour la sécurité des personnes".

Mise en demeure d'évacuer le campement de migrants tibétains
Mise en demeure d'évacuer le campement de migrants tibétains © Radio France / Delphine Evenou

Actuellement, une centaine de Tibétains vit dans ce bois, situé entre station d'épuration et une gare de RER, à l'abri des regards. Et quand l'association La Pierre Blanche demande aux autorités pourquoi ces personnes ne sont pas réorientées vers des CADA (centres d'accueil pour demandeurs d'asile), elle se voit répliquer que les structures sont saturées, et qu'il n'y a pas de solution. "C'est un constat d'impuissance, et on a le sentiment de tourner en rond", conclut Hugues Fresneau, fatigué.  

Un statut de réfugié aisément accordé

Les Tibétains expliquent fuir la répression chinoise et les discriminations. Pour certains, le voyage a duré plusieurs mois : marche jusqu'au Népal, où certains font étape et apprennent l'anglais, puis un avion, parfois la mer à traverser. Si la France les attire, c'est parce que les Tibétains savent que leur y accorde de manière très fréquente l'asile. Aucun chiffre précis n'existe (l'OFPRA - l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides-, comptabilise les demandes d'asile chinoises puisque le Tibet est une région autonome de la Chine), on estime qu'il y aurait entre 2 000 et 3 000 demandeurs d'asile tibétains en France. 

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