La mesure, confirmée mardi soir par l'Elysée, doit être officiellement annoncée par Emmanuel Macron mercredi. La France rattrape ainsi son retard en la matière en permettant aux pères de bénéficier d'un congé de près d'un mois à la naissance d'un enfant.

Un père s'occupant de sa petite fille. Image d'illustration.
Un père s'occupant de sa petite fille. Image d'illustration. © AFP / Science Photo Library

La durée du congé paternité va doubler et passer ainsi à 28 jours, a indiqué mardi l'Elysée, permettant à la France, un temps en pointe sur le sujet, de combler une partie de son retard par rapport aux meilleurs élèves européens. Lorsque la France a créé le congé paternité en 2002 - 11 jours qui s'ajoutent aux 3 jours du congé de naissance - elle était en avance sur la plupart de ses voisins. Mais depuis, de nombreux pays européens ont adopté des dispositifs plus généreux. "Cette réforme va permettre à la France de passer d'une position médiane en Europe au peloton des pays de tête, avec l'Espagne, la Suède, la Norvège ou le Portugal", souligne la présidence.

"Le temps est un facteur essentiel pour nouer un lien important entre l'enfant et les parents. Actuellement, ce temps de 14 jours est trop court", ajoute l'Elysée, concédant qu'il s'agit pour Emmanuel Macron d'une "réforme extrêmement consensuelle" puisque "80% de la population y est favorable". Le chef de l'Etat doit présenter publiquement la mesure mercredi lors d'un déplacement sur le thème de la petite enfance à Longjumeau (Essonne).

Inciter les pères à en profiter

"Il y aura l'introduction d'une part obligatoire dans ce congé" qui "doit encore être fixée avec les partenaires sociaux", précise l'Elysée. Les entreprises ne respectant pas cette obligation s'exposeraient à une amende 7.500 euros.

L'objectif est d'inciter davantage de pères à profiter du congé de paternité, notamment ceux qui ont un statut précaire. 67 % des pères ont recours au congé de paternité, un chiffre qui n'a que très peu évolué depuis sa mise en oeuvre et qui dissimule de fortes inégalités sociales : 80 % des salariés en CDI y ont recours, mais moins de 60 % de ceux qui sont en CDD. L'objectif est aussi de favoriser l'égalité femmes-hommes puisque la charge parentale repose encore beaucoup sur les mères. Les naissances multiples (jumeaux, triplés...) donneront droit, comme aujourd'hui, à sept jours supplémentaires. 

Le gouvernement estime que sur la partie obligatoire, le taux de recours en 2021 pourrait grimper à 80 % et s'approcher des 90% à partir de 2022. Mais s'il double la durée du congé paternité, l'exécutif reste en-deçà des conclusions de la commission Cyrulnik sur les "1 000 premiers jours" du nouveau-né, installée en septembre 2019 par Emmanuel Macron, qui avait recommandé d'allonger à neuf semaines le congé paternité.  

Coût à la charge de la Sécu

La réforme figurera dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale et entrera en vigueur en juillet 2021. Cet allongement du congé de paternité sera financé par la Sécu pour un coût lui aussi doublé et estimé à plus de 500 millions d'euros en année pleine. La mesure devrait représenter 250 à 260 millions d'euros pour la branche famille dès l'année 2021. Les trois jours du congé de naissance seront toujours à la charge de l'employeur. Les 25 autres jours seront indemnisés par la Sécurité sociale. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.