La substance active du cannabis pourrait modifier la transcription de l'ADN contenu dans les spermatozoïdes des consommateurs réguliers. Pour les scientifiques qui étudient ces effets, il faut maintenant déterminer si cela a des conséquences sur les gènes des futurs enfants.

Le THC, substance active du cannabis, a une incidence sur la façon dont les gènes contenus dans les spermatozoïdes sont traduits par le corps
Le THC, substance active du cannabis, a une incidence sur la façon dont les gènes contenus dans les spermatozoïdes sont traduits par le corps © AFP / Don MacKinnon

Il faudra peut-être recommander aux consommateurs de cannabis une période de six mois sans en absorber s'ils souhaitent concevoir. Une nouvelle étude des chercheurs de Duke University met en évidence une altération des spermatozoïdes en fonction de la quantité de THC, la substance active du cannabis, retrouvée dans les urines, chez les rats et chez 24 hommes en âge d'avoir des enfants.

Les scientifiques avaient déjà relevé que la concentration de spermatozoïdes dans le sperme est plus faible pour les fumeurs de marijuana. Mais l'étude publiée le 18 décembre dans la revue Epigenetics souligne aussi que le THC peut avoir des effets sur les gènes de l'ADN contenu dans les cellules du sperme. 

Il ne s'agit pas à proprement parler d'une mutation des gènes, comme le précise le média américain The Verge, mais d'une "reprogrammation" de leur transcription, c'est à dire de la manière dont les gènes s'expriment et sont utilisés dans le corps humain.

Altération d'un gène qui lutte contre les tumeurs

Ce procédé, désigné sous le nom de méthylation de l'ADN, va modifier chimiquement les molécules de base de notre génome et les détourner de leur fonction première. Les chercheurs de Duke University ont notamment repéré cette altération de la méthylation pour un gène clé dans la lutte contre les tumeurs.

Les chercheurs vont maintenant chercher à définir si le THC peut aussi altérer l'ADN des enfants conçus par un ou des parents consommant du cannabis. Car en cas d'irréversibilité, cela pourrait avoir des incidences non négligeables sur un futur enfant.

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