À première vue, le collège flambant neuf est un très beau bâtiment livré à la rentrée 2006. Après l'apparition de fissures et de malfaçons présumées, une expertise a conclu à un risque de péril. D'ici un mois, élèves et professeurs vont être répartis dans plusieurs collèges alentours, mais cela ne peut pas durer.

Le collège Simone Veil de Mandres-les-Roses dans le Val-de-Marne a été livré le 1er septembre 2006 mais il est fermé pour raisons de sécurité
Le collège Simone Veil de Mandres-les-Roses dans le Val-de-Marne a été livré le 1er septembre 2006 mais il est fermé pour raisons de sécurité © Google Map

Les premières fissures sont apparues en 2015 dans ce collège pourtant construit il y a à peine 12 ans et inauguré en grande pompe en 2006. Un bâtiment surnommé à l'époque "la cathédrale" en raison de son architecture particulière. 

Stéphanie Gusse, professeur de SVT raconte la découverte successive des problèmes du bâtiment : "Une salle polyvalente a été fermée dans un premier temps, ainsi que deux salle de classe. Puis ils ont découvert des fissures au niveau de l'escalier central qui a dû être condamné, ce qui a provoqué d'autres fermetures de salles. Ont ensuite été signalées de nouvelles fragilités au niveau du toit du gymnase qui risquait de tomber sur un couloir qu'empruntent et les élèves."

Fin janvier une expertise conclut à un risque de péril. Le collège est fermé. 

Les filets posés en 2012 pour retenir d'éventuelles chute de dalles de revêtements extérieur
Les filets posés en 2012 pour retenir d'éventuelles chute de dalles de revêtements extérieur

Maintien du lien pédagogique avant répartition dans de nouveaux locaux

En attendant d'être répartis dans différents établissements d'ici un mois, les élèves se retrouvent dans un centre de loisirs qui n'a que quatre salles et où les enfants ne pourront être accueillis que deux à trois heures par semaine et par classe. 

Les cours sont donc être donnés en ligne depuis quelques jours. Frédérique Andrieu-Lambert enseigne le Français : "Au collège il y a des enfants suivis chez eux par leurs parents, mais il y en a d'autres qui sont un peu livrés à eux-mêmes parce que leurs parents ont des horaires de travail incompatibles. Je pense que les plus fragiles scolairement vont être forcément impactés par la situation."

À partir du 11 mars, les élèves seront répartis sur trois sites, avec les problématiques d'emplois du temps, de transports publics et de ramassage scolaire qu'on imagine, et la probable disparition des diapositifs d'aide. 

La longue attente du bâtiment modulaire 

Dans ces conditions, la construction d'un nouveau collège provisoire, en modulaire, n'est pas une option. Elle est indispensable martèle Nabila Meyblum, parmi les parents d'élèves mobilisés. Certains se sont réunis samedi 16 février devant l'établissement pour exprimer leur inquiétude : "On revendique un droit, c'est un service public !"

Un projet est bel et bien acté, assure-t-on du côté du Conseil départemental en charge du dossier, mais il ne sera pas sur pied pour la rentrée prochaine. Au mieux en janvier 2020 "en raison de contraintes techniques incompressibles".

Trop de temps perdu, répondent furieux les représentants du corps enseignant qui tentent d'accélérer le calendrier. Des manifestations étaient organisée jeudi matin et samedi matin devant le collège, désormais fermé, pour demander une réponse rapide des pouvoirs publics... et un nouveau collège provisoire dès septembre prochain.

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