Depuis le 1er janvier, la RATP a mis en place un nouveau dispositif d'accompagnement des victimes d'harcèlement et de violences sexuelles dans le métro, le RER, et les bus. Des agents de sûreté déployés sur le réseau sont formés pour mieux accompagner les victimes, de la situation de détresse vers le dépôt de plainte.

Pour offrir une aide personnalisée à chaque victime de violences sexuelles, 1.000 agents de sûreté ont été recruté par la région Île-de-France sur ses réseaux de transports.
Pour offrir une aide personnalisée à chaque victime de violences sexuelles, 1.000 agents de sûreté ont été recruté par la région Île-de-France sur ses réseaux de transports. © Photo campagne harcèlement - RATP

"Les femmes ne doivent plus avoir peur dans les transports en commun (...). Quand on est harcelée, on a une réponse", a souligné Valérie Pécresse, présidente de la région et d'Ile-de-France Mobilités, lors d'une conférence de presse ce lundi 8 mars, à Châtelet-Les-Halles, nœud ferroviaire du RER et du métro parisiens.

Pour protéger les victimes d'harcèlement et de violences sexuelles dans les transports en commun, la région Île-de-France a recruté 1 000 agents de protection et de sécurité déployés chaque jour sur les réseaux de la SNCF, la RATP et le réseau bus OPTILE.  

6 500 agents au total ont été sensibilisés sur les atteintes à caractère sexuel fin février. Une formation pour accueillir les victimes, recueillir les faits, prévenir les services de sécurité et les diriger vers des associations d'aide psychologique. 

Les agents facilitent également le dépôt de plainte dans les commissariats installés dans les grandes gares parisiennes. Ils peuvent proposer à la victime d'être accompagnée au commissariat ou à son domicile, et prendre de ses nouvelles par la suite. Une première pour un opérateur de transport. Treize victimes ont ainsi été accompagnées depuis le 1er janvier sur le réseau RATP, selon la Régie autonome des transports parisiens.

L'enjeu est qu'elle aille déposer plainte, c'est le seul outil pour arrêter les auteurs de ces faits.

Selon Sandrine Charnoz, cheffe d'une nouvelle cellule de lutte contre le harcèlement à la RATP, la victime doit se sentir soutenue, "qu'elle comprenne que ce qu'elle a vécu n'est pas normal et que nous sommes à ses côtés". Le but étant de "protéger d'autres femmes derrière".

Service Descente à la demande

"80% des violences déclarées concernent des trajets aux heures de pointe du soir", a souligné la présidente de région, Valérie Pécresse. Pour améliorer le sentiment de sécurité des voyageurs et notamment des femmes qui utilisent les bus et qui rentrent tard le soir, Île-de-France Mobilités a mis en place le service de Descente à la demande. 

Avec ce service, les personnes peuvent demander au chauffeur de bus de les arrêter entre deux arrêts si cela les rapproche de leur destination finale. Il est mis en place à partir de 22h sur 70 lignes de bus de grande couronne. Île-de-France Mobilités va, d'ici 2022, déployer ce service sur l’ensemble des lignes circulant après 22h en grande couronne. 

Vers 100% des stations de métro, gares ferroviaires, bus et tramways vidéo-protégés

Métros, trains, trams, stations, gares, bus… 80 000 caméras de vidéoprotection tournent dans les transports en Île-de-France. Pour lutter contre ces délits, la vidéosurveillance est "indispensable", selon Valérie Pécresse. "Les bandes de vidéosurveillance devraient être conservées dès le dépôt d'une pré-plainte, et non pas être effacées au bout de 72 heures". Les préplaintes en ligne devraient bientôt être rendues possibles par un décret, a t-elle souligné. Elle demande également que les harceleurs multirécidivistes, "des types impunis depuis des années", puissent être interdits d'accès aux réseaux de transports par la justice.

Île-de-France Mobilités compte renforcer ses caméras de vidéo-surveillance sur l’ensemble des trains et métros au fur et à mesure des remplacements. Aussi, un Centre régional de Coordination Opérationnel de sécurité (CCOS) est prévu pour la fin de l’année 2021, pour rassembler tous les personnels dédiés à la sureté des voyageurs franciliens (police, gendarmerie, opérateurs) sous l’autorité du Préfet de police pour une meilleure efficacité sur le terrain. Un projet de huit millions d'euros. 

Renforcer le dispositif de localisation de la victime grâce au numéro d'urgence

Depuis 2019, les victimes d'harcèlements et de violences sexuelles dans les transports en commun peuvent composer un numéro d'urgence 3117, disponible sur les réseaux SNCF et RATP, 7/7 et 24/24. Il est également accessible depuis l’application smartphone "Alerte 3117" ou par SMS au 31177. Ce dispositif d'alerte va être pris en charge par la sûreté ferroviaire et étendu à d'autres services de transport en France, a annoncé Sylvie Charles, directrice général de Transilien.