De la COP 21 à la COP 22, la Grande Muraille verte de Chine a-t-elle vraiment avancé ? Un quart des plantations annuelles disparaissent sous l'effet des tempêtes.

Les villageois plantent des arbres de saxaoul dans Minqin County, Gansu Province nord-ouest de la Chine.
Les villageois plantent des arbres de saxaoul dans Minqin County, Gansu Province nord-ouest de la Chine. © Getty / Jie Zhao/Corbis via Getty Images

COP 21 : 98 % des forêts chinoises sont surexploitées

En Chine, seulement 2% des forêts – victimes des décennies d’industrialisation forcenées au mépris total de l’environnement – sont aujourd’hui intactes, estime Greenpeace. Qui dit forêts détruites dit moins de CO2 capté. Pékin pense avoir la solution pour lutter contre le réchauffement climatique et l’avancée du désert : la Grande Muraille verte.

C'est l'un des plus vastes projets écologiques du moment sur la planète, avec l'autre grande muraille verte sensée lutter contre l'avancée du désert en Afrique.

La Grande Muraille verte a été baptisée ainsi par l’ancien homme fort de la Chine Deng Xiaoping en 1989. Les travaux ont commencé en 1978 et se termineront en 2050. Ces travaux couvrent 13 régions soit 4 060 000 km².

Cette grande bande supposée verdir et améliorer le climat fait face au désert de Gobi et s'étale sur 4.500 km. En 2020, la Chine veut réaliser 23% de couverture du territoire chinois en forêt et 26% en 2050. C'est actuellement la plus grande forêt artificielle du monde.

Désert de Gobi
Désert de Gobi © Christophe Cagé - CC

COP 22 : Les tempêtes mangent la forêt

En 2008, les tempêtes d'hiver ont détruit 10% de la superficie de la nouvelle forêt, amenant la Banque mondiale à conseiller à la Chine de se concentrer davantage sur la qualité plutôt que la quantité des espèces et essences forestières. Et chaque année le phénomène se reproduit, enlevant quelque 2 300 km² de terre de surface.

Selon Jiang Gaoming, un écologiste de l'Académie chinoise des Sciences, les terres trop arides ne peuvent pas supporter des plantations massives et forcées. Les agriculteurs ne sont pas incités à installer leur bétail loin des terres déjà épuisées. La Grande Muraille serait-elle donc une opération de propagande plus que de sauvegarde écologique ?

De surcroît, une étude publiée en 2016 conclut que les forêts sauvages sont beaucoup plus efficaces que les mono culture dans le stockage du dioxyde de carbone.

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