Au même titre que les infirmiers, aide-soignants et évidemment les médecins, applaudis tous les soirs à 20 heures par les Français, les ambulanciers privés sont face aux malades du coronavirus.

"On nettoie toutes les surfaces, brancard, sol, parois" racontent une ambulancière.
"On nettoie toutes les surfaces, brancard, sol, parois" racontent une ambulancière. © Radio France / Julie Pietri

"Si vous voulez, on peut rigoler, venez…". Dans la salle où les ambulanciers de CAP Santé Ambulances reçoivent les appels du Samu. Quentin, en charge du personnel ouvre plusieurs cartons de gants, lunettes, blouses, masques rangés dans un coin. La société fait travailler une soixantaine de personnes à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Et comme ailleurs, les protections de qualité manquent. 

Car comme les médecins ou les infirmiers, les ambulanciers privés sont en contact direct avec les malades du Covid-19, depuis le début de la crise sanitaire. Ils transportent chaque jour des patients atteints par le coronavirus de plus en plus nombreux vers les hôpitaux.

"Là, c’est le carton de masques FFP2. Ils sont périmés depuis huit ans… et encore, ceux-là  sont les plus récents de notre stock", explique Quentin. "Le métier d’ambulancier n’est pas vraiment reconnu… mais on ne s’attendait pas à être aussi mal fournis."

"Les masques périmés, quelle est leur efficacité ?"

Dimitri, ambulancier, quitte alors la pièce. Il part rejoindre un malade avec sa collègue, Amanda et il vient d’apprendre à l’instant, pour les masques. "Moi honnêtement je ne savais pas qu’ils étaient périmés", confie-t-il au volant de son ambulance, toutes sirènes dehors. "J’ai un peu peur d’utiliser ces masques là parce que … quelle est leur efficacité, je ne sais pas ! Mais on fait aussi avec ce que l’on a." Sa femme est enceinte. Et il s’inquiète chaque soir de ce qu’il pourrait ramener à la maison. 

Dimitri se gare au pied d’un immeuble, à Puteaux. L’appel transféré par le Samu concerne cette fois un homme de 69 ans. Toux et douleurs thoraciques. Les ambulanciers n’en savent pas plus. Pour pouvoir s’équiper au mieux, ils appellent la famille. "Bonjour Madame, expliquez-moi ce qu’a votre mari… il a de la fièvre ou pas ? Ah il a été testé positif ! D’accord, on arrive."

"Ça, ça veut dire qu’il faut faire attention", explique Amanda, qui ajuste son FFP2 périmé. Le patient, médecin, qui dit avoir été contaminé lors de ses consultations, a été détecté il y a trois semaines. "Théoriquement je suis guéri, théoriquement à ce qu’ils disent.

Désinfection de l'ambulance

Il est rapidement transporté vers l’hôpital le plus proche et à peine déposé, l’ambulance est désinfectée : "On fait toutes les surfaces, brancard, sol, parois", détaille Amanda, en frottant avec des lingettes. 

Chaque jour, Dimitri et Amanda voient plusieurs patients Covid-19 ou suspectés de porter la maladie. Et ils connaissent les risques. Certains de leurs collègues sont aujourd’hui malades. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.